L’administration Trump a porté un nouveau coup aux médias internationaux financés par les États-Unis. Ce samedi, des centaines de journalistes de Voice of America (VOA), Radio Free Asia et Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) ont été mis en congé forcé, leurs accès aux bureaux bloqués et leurs équipements confisqués. Une décision radicale qui risque d’affaiblir des outils historiques de contre-propagande face à la Russie et la Chine.
Des journalistes mis à pied dans la précipitation
Par un simple e-mail envoyé en fin de semaine, le personnel de ces médias a appris qu’il devait rendre badges, téléphones professionnels et matériel. Cette mesure survient après un décret présidentiel signé vendredi classant l’Agence des États-Unis pour les médias mondiaux (USAGM) parmi les « éléments bureaucratiques inutiles ». Kari Lake, ex-journaliste pro-Trump nommée à la tête de l’USAGM, a justifié cette décision en évoquant des « priorités révisées » et un budget fédéral redirigé.
« Au revoir » en 20 langues : le sarcasme de la Maison Blanche
Harrison Fields, porte-parole de la présidence, a ironisé sur X en écrivant « goodbye » dans une vingtaine de langues – clin d’œil moqueur au multilinguisme de VOA. Une attitude contrastant avec l’alarme soulevée par Stephen Capus, directeur de RFE/RL : « C’est un cadeau monumental aux ennemis de l’Amérique. Les dirigeants chinois, iraniens ou russes fêteraient la disparition de nos médias après 75 ans de combat. »
Des médias nés pendant la Guerre froide en sursis
Créées pour contrer la propagande soviétique, ces antennes ont évolué après 1991 pour cibler la Chine, la Corée du Nord ou la Biélorussie. Radio Free Asia, lancée en 1996, fournit notamment des informations non censurées en mandarin, birman ou coréen. Malgré leur financement public, ces médias affirment leur indépendance éditoriale – une ligne qui a souvent irrité Trump, lui qui souhaitait qu’ils relaient davantage sa politique.
Un risque pour la diplomatie culturelle américaine ?
Cette fermeture s’inscrit dans une série de coupes budgétaires ciblant l’éducation et l’aide internationale sous Trump. Les critiques redoutent qu’elle n’offre un boulevard aux désinformations russe et chinoise, tandis que les soutiens de l’ex-président y voient une rationalisation nécessaire. Reste une question : sans ces relais, comment Washington compte-t-il défendre sa vision face aux régimes autoritaires ?

