L’ancien Premier ministre et candidat déclaré à la présidentielle de 2027 est visé par une nouvelle plainte déposée par une fonctionnaire, qui l’accuse d’influence illégale, de favoritisme et de harcèlement moral dans le cadre de ses fonctions de maire du Havre.
Une plainte qui relance l’affaire du “hub numérique”
C’est une affaire qui pourrait ternir l’image d’Édouard Philippe, l’un des principaux espoirs du camp centriste pour la prochaine élection présidentielle. Vendredi dernier, une ancienne haute fonctionnaire de la municipalité du Havre a déposé plainte contre l’ex-chef du gouvernement, ainsi que deux autres personnes. Son avocat, Me Jérôme Karsenti, a confirmé l’information lundi soir à l’AFP, également relayée par Le Monde et France Inter.
Les accusations visent des faits supposés de harcèlement, de favoritisme et de prise illégale d’intérêts. La plaignante, qui souhaite conserver l’anonymat, bénéficie depuis janvier du statut officiel de lanceuse d’alerte, reconnu par la Défenseure des droits. Un statut que Philippe rejette catégoriquement.
Cette nouvelle procédure s’inscrit dans le prolongement d’une première plainte, déposée en septembre 2023. Elle portait alors sur la création d’un “hub numérique” au Havre, censé favoriser l’innovation technologique, mais soupçonné d’avoir servi de prétexte à des pratiques douteuses.
Une enquête toujours en cours
Cette première plainte avait conduit le Parquet national financier à ouvrir une enquête préliminaire pour trafic d’influence, favoritisme, détournement de fonds publics et harcèlement moral, visant Édouard Philippe et deux collaborateurs municipaux.
En avril dernier, la mairie du Havre avait été perquisitionnée par les enquêteurs, qui ont saisi plusieurs documents. Selon une source judiciaire citée par l’AFP, l’enquête est toujours en cours, et l’analyse du matériel collecté se poursuit.
Mais du côté de la plaignante, le sentiment d’immobilisme domine. Elle a déclaré à l’AFP ne pas percevoir d’avancée significative dans l’affaire. Son avocat craint quant à lui que les juges soient réticents à enquêter sur un candidat “probable” à la présidence, en raison de la sensibilité politique du dossier.
Cette nouvelle plainte vise donc à saisir un juge d’instruction indépendant et à permettre à la plaignante, en tant que partie civile, d’avoir un droit de regard sur le déroulé de l’enquête.
La riposte d’Édouard Philippe : “Une vendetta triste”
Contacté par l’AFP, Édouard Philippe a balayé les accusations, dénonçant une tentative de déstabilisation personnelle :
“La plaignante poursuit sa triste vendetta, qui n’a rien d’un cri d’alerte, mais tout du ressentiment d’une fonctionnaire dont le contrat n’a pas été renouvelé”, a-t-il réagi.
L’ancien Premier ministre, aujourd’hui maire du Havre et fondateur du mouvement Horizons — allié, mais indépendant de la majorité présidentielle —, a affirmé son intention de se présenter en 2027. À ce stade, il est donné favori chez les centristes pour affronter une extrême droite en position de force dans les sondages.
Une affaire judiciaire à fort potentiel politique
Si cette affaire n’en est qu’à ses débuts sur le plan judiciaire, elle pourrait rapidement prendre une tournure politique. Le camp Philippe cherche à minimiser une procédure jugée sans fondement, tandis que la plaignante espère voir l’enquête passer à une vitesse supérieure. À deux ans de l’échéance présidentielle, cette affaire pourrait bien devenir un test sur la solidité du candidat centriste face aux zones d’ombre du pouvoir local.
Avec AFP

