Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a désigné Emmanuel Macron comme le « seul interlocuteur » capable d’apaiser les relations houleuses entre Alger et Paris, lors d’une interview télévisée samedi soir. Un geste de pragmatisme, malgré des mois de crispations autour de l’immigration, du Sahara occidental… et d’un écrivain emprisonné.
« Nous gardons le président Macron comme unique référence », a déclaré Tebboune, tout en exprimant sa « confiance totale » en son ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf. Ce dernier accuse régulièrement la France d’être influencée par une extrême droite « revancharde et haineuse ».
Sahara occidental, migrants… la liste des griefs
La reconnaissance par Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en 2023 a envenimé le dialogue. S’y ajoute le refus d’Alger de réadmettre ses ressortissants expulsés de France – un dossier explosif depuis l’attaque au couteau de Mulhouse en février, perpétrée par un Algérien en situation irrégulière.
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a menacé de « réponses » si Alger maintient son blocage, alimentant la polémique médiatique.
L’affaire Sansal, épine judiciaire
Autre point noir : l’incarcération en novembre de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien poursuivi pour « atteinte à l’intégrité territoriale ». Alger réclame 10 ans de prison contre lui, verdict attendu le 27 mars. Macron, qui dénonce une « détention arbitraire », y voit un obstacle à la réconciliation.
Un dialogue sous haute tension
Malgré les déclarations d’ouverture de Tebboune, la méfiance persiste. Chaque camp campe sur ses positions, entre calculs politiques et blessures historiques. Reste à voir si les mots du président algérien préparent un dégel… ou masquent une nouvelle impasse.



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