Face aux critiques, Friedrich Merz défend sa décision de suspendre certaines exportations militaires vers Israël, tout en réaffirmant l’amitié historique entre les deux pays.
Une décision qui divise au sein même de la CDU
Le chancelier allemand Friedrich Merz a défendu, dimanche 10 août, sa décision de suspendre une partie des livraisons d’armes à Israël. Une mesure annoncée vendredi, qui concerne le matériel militaire susceptible d’être utilisé dans la bande de Gaza, en réponse aux projets israéliens de prendre le contrôle de Gaza City.
« La République fédérale d’Allemagne est aux côtés d’Israël depuis 80 ans. Rien ne changera à cela », a-t-il déclaré à la chaîne publique ARD. « Nous continuerons d’aider ce pays à se défendre. »
Cette position a toutefois provoqué des remous au sein de son propre camp politique. Des membres de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), y compris la branche jeunesse du parti, ont dénoncé une rupture avec les principes fondateurs de l’Allemagne et de la formation conservatrice.
Maintien de l’amitié, mais désaccord sur Gaza
Merz a assuré avoir réaffirmé au président israélien, plus tôt dans la journée, que Berlin ne reniait pas son amitié traditionnelle avec l’État hébreu.
« Nous avons un point de désaccord et il concerne l’action militaire d’Israël dans la bande de Gaza », a-t-il précisé. « C’est quelque chose qu’une amitié peut supporter. »
Contrairement à la France, au Royaume-Uni et au Canada, l’Allemagne n’envisage pas de reconnaître un État palestinien en septembre. Berlin estime qu’une telle reconnaissance ne pourrait intervenir qu’à l’issue de négociations directes israélo-palestiniennes.
Un ton plus ferme face à la crise humanitaire
Longtemps, Israël a bénéficié d’un soutien quasi unanime dans le spectre politique allemand, dans un pays toujours marqué par l’extermination de plus de six millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mais le ton du chancelier s’est durci ces derniers mois, sur fond d’aggravation de la crise humanitaire à Gaza. Des experts de l’ONU alertent désormais sur l’installation d’une famine dans ce territoire dévasté par la guerre.
« Être solidaires avec Israël ne signifie pas que nous devons considérer que toutes les décisions d’un gouvernement sont bonnes et les soutenir jusqu’à fournir de l’aide militaire, y compris des armes », a-t-il insisté sur ARD.
Un conflit meurtrier
Selon le ministère de la Santé du Hamas, au moins 61 430 Palestiniens ont été tués en 22 mois d’offensive israélienne. Des chiffres jugés fiables par les Nations unies.
La guerre a été déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël en 2023, qui a coûté la vie à 1 219 personnes, principalement des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.
Avec AFP



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