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Investiture de Sébastien Lecornu : près de 300 interpellations lors des manifestations « Bloquons tout » en France

Investiture de Sébastien Lecornu : près de 300 interpellations lors des manifestations « Bloquons tout » en France

Alors que Sébastien Lecornu a officiellement pris ses fonctions de Premier ministre ce mercredi à Paris, de violents heurts ont éclaté un peu partout en France. Près de 300 personnes ont été arrêtées lors de la journée de mobilisation baptisée « Bloquons tout ».

Lecornu promet une « rupture profonde » lors de son investiture

À seulement 39 ans, Sébastien Lecornu est devenu le cinquième Premier ministre nommé en moins de deux ans. La cérémonie de passation, organisée à Paris avec François Bayrou, s’est déroulée dans une atmosphère particulière, marquée par la contestation sociale.

« Il y a un fossé entre la vie réelle et la situation politique », a déclaré le nouveau chef du gouvernement, promettant une « rupture profonde, pas seulement de forme mais de fond ». Confiant, il a assuré que son équipe « réussira » car, selon lui, « rien n’est impossible ».

Son prédécesseur François Bayrou, poussé à la démission après avoir perdu un vote de confiance à l’Assemblée nationale, a tenu à lui tendre la main : son gouvernement fera « tout pour aider la nouvelle équipe », a-t-il affirmé.

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Une journée de blocages et de tensions

Pendant ce temps, dans la rue, la mobilisation a pris de l’ampleur. Selon le ministère de l’Intérieur, 430 actions ont été recensées partout en France : blocages de routes, tentatives d’occupation de gares, fermetures de lycées et manifestations massives.

À Paris, la police a déployé 6 000 agents – sur un total de 80 000 dans tout le pays – pour tenter de contenir les rassemblements. Dès le matin, près de 200 interpellations étaient signalées. Elles atteignaient presque 300 en milieu d’après-midi, dont 183 rien que dans la région parisienne.

La tension est montée d’un cran place du Châtelet et place de la République, où plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés. Jean-Luc Mélenchon, accompagné de députés insoumis, était présent aux côtés des protestataires. Des appels au pillage ont même circulé sur les réseaux sociaux, entraînant la fermeture du centre commercial Châtelet–Les Halles et la suspension des lignes de métro et de RER desservant le site.

Dans plusieurs lycées de la capitale – Henri-IV, Lavoisier, Lamartine, Voltaire, Claude-Monet ou encore Hélène-Boucher – des blocages ont paralysé les cours. Devant Lavoisier, une centaine de jeunes brandissaient des pancartes : « Nous bloquons parce que notre santé mentale compte » ou encore « Pour remplir leurs caisses, Bayrou vide nos poches ».

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« On en a marre, on a l’impression d’être la génération sacrifiée », a confié Yonah, 17 ans, élève de terminale, à l’AFP.

Les forces de l’ordre sont aussi intervenues aux dépôts de bus et sur certains tronçons du périphérique parisien. Une tentative d’intrusion à la gare du Nord a été déjouée.

La contestation s’étend en régions

À Marseille, entre 8 000 et 30 000 personnes (80 000 selon la CGT) ont défilé. À Nantes, Montpellier ou Lyon, les policiers ont eu recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau. Des dégradations mineures ont été signalées et plusieurs arrestations effectuées.

La SNCF a indiqué que des rails avaient été occupés à Cherbourg et Valence Ville. Dans le Sud-Ouest, des câbles ont été endommagés entre Bordeaux et Toulouse, provoquant d’importantes perturbations avant réparations.

Sur les réseaux sociaux, le mot d’ordre « Bloquons tout » a circulé à grande vitesse. Pour la CGT, il s’agit d’un mouvement citoyen spontané, comme l’a expliqué sa secrétaire générale Sophie Binet : « C’est une initiative citoyenne. Les mobilisations syndicales du 18 septembre viendront s’ajouter à ce mouvement. »

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Une équation politique complexe pour Lecornu

Proche d’Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu hérite d’un chantier prioritaire : faire voter le budget 2026 avant le 31 décembre, dans une Assemblée nationale toujours fragmentée.

Mais déjà, les oppositions se positionnent. Hervé Saulignac (PS) estime que « Macron reste sur une ligne que jamais un socialiste ne rejoindra ». Jordan Bardella (RN) juge que ce choix montre que le président « refuse de changer de cap ». Mathilde Panot (LFI) parle d’une « provocation » et promet : « Nous allons le censurer. »

Discret mais jugé loyal et mesuré, l’ancien ministre des Armées devra donc composer avec un climat social explosif et un Parlement divisé. Ses premiers pas à Matignon, marqués par les blocages et les tensions, donnent le ton de la mission qui l’attend.

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