Un rapport parlementaire recommande d’interdire totalement l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et d’instaurer un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, face aux dangers psychologiques liés à TikTok et à d’autres plateformes.
Une enquête parlementaire ciblant TikTok et ses effets
Après six mois d’investigations, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale a rendu ses conclusions ce jeudi : les enfants de moins de 15 ans devraient être bannis des réseaux sociaux, tandis que les adolescents entre 15 et 18 ans se verraient imposer un « couvre-feu numérique » entre 22 heures et 8 heures.
À l’origine de ce travail, l’affaire TikTok. En mars 2024, sept familles avaient porté plainte contre la plateforme, l’accusant d’avoir exposé leurs enfants à des contenus dangereux incitant à l’autodestruction. Laure Miller, députée à l’initiative du rapport, estime que « la conception addictive de TikTok et de son algorithme a été copiée par d’autres réseaux sociaux ».
Elle prévient toutefois : « Bien sûr, interdire les enfants de moins de 15 ans sur les réseaux sociaux ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. C’est une mesure parmi d’autres, pas une panacée. »
Des témoignages bouleversants et un constat sévère
Au cours de l’enquête, les députés ont entendu des familles marquées par des drames. Géraldine, mère d’une jeune fille de 18 ans qui s’est suicidée, a confié à l’AFP : « TikTok n’a pas tué notre petite fille, car elle n’allait pas bien de toute façon. » Mais elle accuse l’application de n’avoir « pas assez modéré » ses contenus et d’avoir « plongé [sa fille] encore plus dans ses pulsions sombres ».
Face aux critiques, TikTok assure que la sécurité des jeunes reste sa « priorité absolue ». Ses responsables affirment que leur système de modération, basé sur l’intelligence artificielle, a détecté 98 % des contenus problématiques en France l’an dernier. Les députés jugent néanmoins ces efforts insuffisants : les règles de la plateforme seraient « très faciles à contourner », et son algorithme renforcerait les comportements à risque.
Le rapport suggère même d’élargir, d’ici trois ans, l’interdiction des réseaux sociaux à tous les mineurs de moins de 18 ans si les plateformes ne se conforment pas aux obligations européennes.
« TikTok est une machine à sous de dopamine », dénonçait déjà le socialiste Arthur Delaporte lors de la création de la commission.
Un constat qui rejoint une étude américaine de 2022 : les jeunes utilisateurs exprimant leur détresse sur l’application se voyaient proposer jusqu’à 12 fois plus de contenus liés au suicide et à l’automutilation.



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