Après le Barça, le contrecoup? Son bail à Barcelone s’étant terminé en queue de poisson, Ivan Rakitic est revenu avec soulagement à Séville, mais le vice-champion du monde croate tarde à retrouver son meilleur niveau avant d’affronter Rennes mercredi en Ligue des champions (21h00).
De retour dans son club de coeur presque gratuitement (pour 5 ans et 1,5 M EUR + 9 en bonus) pour pallier le départ d’Ever Banega vers Al-Shabab en Arabie Saoudite, Rakitic (32 ans) a été accueilli comme le Messie par les supporters début septembre… mais le meneur de jeu tarde à convaincre sur la pelouse.
L’histoire, pourtant, était belle: adoré par tout un club, Rakitic est lui aussi amoureux de Séville, là où il a rencontré sa femme Raquel Mauri et où il a commencé à se forger un palmarès international pendant trois saisons (2011-2014), remportant la Ligue Europa 2014.
Même en Catalogne, Rakitic n’a cessé de multiplier les preuves d’amour envers le club andalou. Le dernier en date: interviewé à la télévision espagnole le soir d’un nouveau sacre de Séville en C3 le 21 août dernier, peu avant minuit, Rakitic, sur sa terrasse, n’a pas hésité à plonger tout habillé dans sa piscine en direct pour célébrer la victoire sévillane.
– Idylle émoussée –
Mais après sept matches depuis le début de saison, l’idylle est un peu émoussée. Rakitic « a fait naître des doutes en raison de son rendement sur le terrain », a souligné le quotidien sportif andalou Estadio Deportivo.
« Le N.10 de Séville a manqué de rythme et d’adaptation pour se fondre immédiatement dans l’équipe. Avec Barcelone, il jouait à une autre vitesse, et cela constitue peut-être son talon d’Achille », a résumé le média sportif andalou El Desmarque.
Rakitic, qui a annoncé le 21 septembre prendre sa retraite internationale à 32 ans (106 sélections, 15 buts avec la Croatie), a certes provoqué un penalty (13e) contre le Bayern Munich en Supercoupe d’Europe (2-1 a.p.), pour son premier match depuis son transfert à Séville.
Dans la foulée, il a également marqué le troisième but d’une victoire déjà scellée chez le promu Cadix (3-1), lors du premier match de la saison 2020-2021 des Sévillans en Liga, le 27 septembre.
Mais hormis de fugaces aperçus de son talent, il n’a pas montré son meilleur visage. Et la critique s’est accentuée.
« Les évaluations personnelles de mes joueurs, je ne les fais pas en public », a balayé l’entraîneur de Séville Julen Lopetegui en conférence de presse avant le match à Chelsea, la semaine dernière (0-0) pour la première journée de Ligue des champions.
« Nous sommes très heureux qu’Ivan soit parmi nous. Il est en train d’apprendre à nous connaître, et nous de même. Il va nous aider durant la saison, je n’ai aucun doute là-dessus », a assuré le technicien basque.
– Adaptation difficile –
A Londres, d’ailleurs, Ivan Rakitic a signé son meilleur match depuis son retour. Il a offert un pressing haut et a montré de l’engagement dans les tâches défensives.
Mais la transition n’est pas simple: le milieu de terrain passe du jeu tout en contrôle du Barça à la débauche d’énergie et aux débordements latéraux permanents exigés par Lopetegui à Séville.
Après avoir débuté 48 matches comme titulaire lors de la saison 2018-2019 au Barça, Rakitic est retombé à 22, moins de la moitié, la saison dernière. Depuis qu’il a retrouvé les couleurs rouge et blanc du Séville FC, le Croate a été titulaire à tous les matches.
Même si Rakitic retrouve suffisamment de coffre pour tenir une saison à ce rythme, les fans doivent se faire à l’idée: leur chouchou ne marquera peut-être plus les 12 buts inscrits en Liga lors de l’année la plus prolifique de sa carrière en 2013-2014 sous les ordres d’Unai Emery.
Reste que le Croate polyglotte, né en Suisse et passé par l’Allemagne, est l’un des rares membres de l’équipe andalouse à compter une C1 à son palmarès, conquise en 2015 avec Barcelone. Une expérience précieuse mercredi face aux néophytes rennais…
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