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« Dans un pays normal, on nous aurait félicités »

« Dans un pays normal, on nous aurait félicités »: les exécutants présumés de l’opération commando menée en 2018 pour expulser étudiants et militants de la faculté de droit de Montpellier n’ont pas affiché de regret mercredi, un colonel à la retraite revendiquant même ouvertement cette action.

A la barre, Thierry Vincent, diplômé de l’école de guerre, chevalier de la Légion d’honneur, ancien attaché militaire dans une ambassade, proche de l’extrême droite, est sûr de lui: « Ce jour-là on était dans le camp du bien, face à nous on avait des méchants », affirme-t-il.

Sept prévenus, dont M. Vincent, l’ex-doyen Philippe Pétel et Jean-Luc Coronel, un ancien professeur de la faculté de droit, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour « violences volontaires en réunion » et complicité.

Survenue vers minuit dans la nuit du 22 au 23 mars 2018, la brutale intrusion pour expulser étudiants et militants d’un amphithéâtre de la faculté de droit, en plein mouvement social, avait provoqué une panique chez les victimes et fait 10 blessés légers. Certains assaillants étaient cagoulés, armés de planches en bois et d’un pistolet à impulsions électriques.

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Pour M. Vincent, le préfet de l’époque, qui avait refusé d’intervenir dans l’enceinte de la faculté, « n’a pas fait son boulot ».

Sur le banc des prévenus, le professeur révoqué Jean-Luc Coronel, soupçonné d’avoir été le « meneur » du commando et Patricia Margand, sa compagne aux multiples liens avec l’extrême droite, soupçonnée d’avoir contacté et mené certains des hommes de main sur place, ne cachent pas leur satisfaction en entendant ce discours.

Mathieu Rolouis, 26 ans et Thierry Puech, 62 ans, deux Sétois proches du Rassemblement national et de la Ligue du Midi, un groupuscule identitaire, n’ont pas répondu aux questions sur le rôle des uns et des autres et n’ont pas non plus exprimé de regret.

– « Acharnement » judiciaire –

Très nerveux à la barre, Martial Roudier, 40 ans, un des fils du fondateur de la Ligue du Midi, assure pour sa part que sa mise en examen est « une erreur » des enquêteurs, voire relève de « l’acharnement » judiciaire. Condamné six fois pour des violences, il est jugé en état de récidive après avoir été condamné en 2013 à deux ans de prison ferme pour avoir grièvement blessé à l’arme blanche un jeune antifasciste de 16 ans.

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Des éléments de téléphonie, des vidéos et des vêtements saisis lors d’une perquisition le mettent en cause mais il assure s’être trouvé aux alentours de la faculté de droit en qualité de « journaliste », niant être un des assaillants.

A la barre, Mme Margand s’est rétractée par rapport à son premier témoignage, assurant que M. Roudier ne figurait pas parmi le commando et aucun autre protagoniste n’a confirmé sa présence. Elle a dénoncé la « démission des autorités » pour justifier l’action du commando: « Quand nous arrivons tout est en place, le doyen nous ouvre, c’est un processus hiérarchique presque », assure-t-elle.

Le procès avait débuté jeudi matin avec le désistement surprise de victimes protestant contre la « partialité » de la justice.

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Me Jean-Louis Demersseman, avocat des étudiants et militants parties civiles dans ce dossier, a dénoncé à l’ouverture de l’audience « trois années de procédure » qui n’ont pas été « empreintes de l’impartialité requise » avant de quitter la salle suivi par sept des victimes.

« Des mensonges grossiers ont été proférés », a réagi le procureur de la République de Montpellier Fabrice Bélargent. « Nous sommes sur une affaire qui est éminemment politique mais on veut aussi faire un procès politique en discréditant à l’avance la décision de ce tribunal ».

La cour a rejeté les demandes de renvoi du procès, qui pourrait se prolonger jusqu’à samedi alors qu’il était initialement prévu sur deux jours.

Deux des prévenus sont jugés en récidive: M. Roudier et M. Coronel, pour une condamnation de 2013 pour violences sur personne vulnérable.

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