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un nouveau pasteur accusé du « meurtre de masse de ses fidèles »

un nouveau pasteur accusé du « meurtre de masse de ses fidèles »

Un des plus influents pasteurs du Kenya, arrêté jeudi, est accusé du « meurtre de masse de ses fidèles », dans un nouveau scandale religieux en quelques jours dans ce pays déjà secoué par la mort de plus d’une centaine d’adeptes d’une autre « église ».

Ezekiel Odero, chef du Centre de prière et Eglise de la Nouvelle Vie (New Life Prayer Centre and Church), « a été arrêté et fait l’objet de poursuites pénales liées au meurtre de masse de ses fidèles », a déclaré le ministre de l’Intérieur Kithure Kindiki dans un communiqué.

« Ladite église a été fermée. Les plus de 100 personnes qui étaient enfermées dans les locaux ont été évacuées », ajoute le ministre.

Aucun détail supplémentaire n’a été fourni sur les charges visant M. Odero.

La préfète de région de la côte kényane Rhoda Onyancha avait annoncé jeudi matin son arrestation dans la ville de Malindi, alors que dans une forêt à environ 80 kilomètres de là les enquêteurs continuent de déterrer des corps d’adeptes d’une autre secte, l’Eglise Internationale de la Bonne Nouvelle (Good News International Church).

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Cinq nouveau corps ont été exhumés jeudi, a déclaré à l’AFP une source policière, portant à 103 le nombre de fidèles morts après avoir suivi les préceptes Paul Mackenzie Nthenge, ancien chauffeur de taxi devenu pasteur qui prônait un jeûne extrême pour « rencontrer Jésus ».

La police n’a toutefois fait aucun lien entre l’arrestation d’Ezekiel Odero et l’enquête en cours sur cette affaire baptisée « massacre de la forêt de Shakahola ».

– « Elu de Dieu » –

Lors de son arrestation, Ezekiel Odero est apparu détendu dans son habituelle tunique blanche, une Bible à la main, souriant aux caméras.

Cet ancien pêcheur originaire du lac Victoria devenu « pasteur » il y a une quinzaine d’années est connu à travers le pays.

Télé-évangéliste aisé qui se présente volontiers comme « l’élu de Dieu », il compte un demi-million d’abonnés sur sa chaîne YouTube et attire les foules dans son église de la localité de Mavueni, au sud de Malindi, qui peut accueillir jusqu’à 40.000 personnes.

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Lors des « croisades » (rassemblements) qu’il organise – à laquelle l’épouse du vice-président Rigathi Gachagua a participé en décembre – il vend des fioles d' »eau bénite » et des morceaux de tissu pour 100 shillings (60 centimes d’euros) qui, selon lui, guérissent toutes sortes de maladies, y compris le VIH.

Cette arrestation intervient alors que les autorités ont annoncé des mesures contre les cultes « inacceptables », comparés à des « terroristes », après la révélation du « massacre de Shakahola ».

Le bilan de 103 morts – dont une majorité d’enfants – devrait encore augmenter avec la poursuite des recherches de fosses communes.

Au moins 22 personnes ont été arrêtées dans cette affaire. En prison après s’être rendu à la police le 14 avril, Paul Mackenzie Nthenge doit comparaître devant un tribunal le 2 mai.

Des poursuites pour « terrorisme » sont envisagées contre lui, a indiqué mardi M. Kindiki.

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– 4.000 églises –

Le président kényan William Ruto a promis des mesures contre les pasteurs autoproclamés, « qui veulent utiliser la religion pour promouvoir des idéologies louches et inacceptables ».

Mais les précédentes tentatives de réglementation des cultes au Kenya, pays majoritairement chrétien qui compte plus de 4.000 églises différentes, selon des chiffres officiels, ont souvent suscité une vive opposition, au nom notamment de la liberté de culte.

Le « massacre de Shakahola » a également soulevé de nombreuses interrogations sur des failles des autorités policières et judiciaires.

Paul Mackenzie Nthenge avait été arrêté une première fois en 2017, accusé de « radicalisation » parce qu’il prônait de ne pas scolariser les enfants, affirmant que l’éducation n’était pas reconnue dans la Bible.

Il avait de nouveau été arrêté en mars, après la mort de deux enfants affamés par leurs parents liés à la secte. Il avait rejeté les accusations et avait été libéré sous caution.

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