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Tunisie: le Premier ministre nie tout lien avec l’arrestation d’un rival électoral

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, candidat à la présidentielle du 15 septembre, a nié mardi tout lien avec l’arrestation d’un des ses principaux rivaux, assurant que la justice agissait en toute indépendance dans son pays.

Inculpé en juillet avec son frère Ghazi pour « blanchiment d’argent », Nabil Karoui a été arrêté le 23 août alors qu’il revenait de Béja (nord-ouest), où il a ouvert un nouveau local de son parti Qalb Tounes (« Le coeur de la Tunisie »). Il est emprisonné à La Mornaguia, au nord de Tunis. Quant à son frère, le parti de M. Karoui affirme être sans nouvelle de lui.

Ce même parti a ensuite accusé « directement Youssef Chahed et son gang d’avoir orchestré l’arrestation ».

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« Aujourd’hui, on m’accuse d’être derrière toute arrestation », mais en Tunisie le pouvoir judiciaire est « totalement indépendant » du pouvoir politique, s’est défendu M. Chahed sur les ondes de Mosaïque FM. « Le chef du gouvernement ne peut nommer un juge et ne peut procéder à sa révocation ».

Pour le plus jeune Premier ministre de l’histoire moderne du pays (43 ans), le timing de l’interpellation est même une preuve de cette indépendance. Ce rebondissement « peut avoir des répercussions et brouiller le climat politique », a-t-il lui-même regretté.

L’arrestation de Nabil Karoui, un personnage controversé du monde des médias, a fait grimper la tension à l’approche de la présidentielle, un scrutin anticipé faisant suite au décès fin juillet du chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi.

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L’intérim est assuré par Mohamed Ennaceur, le président du Parlement.

En poste depuis 2016, M. Chahed a décidé la semaine dernière de déléguer ses pouvoirs au ministre de la Fonction publique Kamel Morjane. Mais il a refusé de démissionner.

La présidentielle, qui sera rapidement suivie d’élections législatives, apparaît particulièrement incertaine, dans l’unique pays rescapé des Printemps arabes de 2011.

A ce jour, 26 candidatures, sur près d’une centaine, ont été retenues par l’instance électorale au terme d’un examen préliminaire, dont celles de MM. Chahed et Karoui.

L’Isie a précisé que l’arrestation du second ne l’empêchait pas d’être candidat.

Elle doit fournir la liste définitive des candidatures le 31 août.

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