in

Mort lors d’un « bahutage » à Saint-Cyr: sept militaires devant la justice à Rennes

Un élève officier était mort noyé lors d’une soirée d’intégration à la prestigieuse école de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan) : sept ans après le drame, le procès de sept militaires s’ouvre lundi au tribunal correctionnel de Rennes.

A la barre, sept militaires et ex-militaire, dont un général, colonel au moment des faits, poursuivis pour homicide involontaire doivent répondre jusqu’à vendredi de la mort du sous-lieutenant Jallal Hami, âgé de 24 ans.

En octobre 2012, le jeune incorporé diplômé de Sciences-Po était mort noyé lors d’une soirée de « bahutage » – qui visait à transmettre « des traditions de l’école » dans l’argot cyrard, le bizutage étant un délit dans cet établissement qui forme les officiers de l’armée française.

Lors d’un atelier nocturne organisé par des élèves de 2e année, sur le thème du débarquement allié en Provence de 1944, les nouveaux incorporés devaient franchir un étang à la nage, sur une cinquantaine de mètres et sans avoir pied pendant une partie de la traversée, avec casques et bottes de combat, dans une eau à 9°C.

A Lire aussi  Un mort et un blessé grave par balles devant un hôpital à Paris, tireur en fuite

Se jetant à l’eau tous en même temps, alors que résonnait la Walkyrie de Wagner, de nombreux élèves s’étaient trouvés en difficulté, buvant la tasse, s’agrippant les uns aux autres dans un « embouteillage de nageurs ».

Des élèves avaient été extirpés de l’eau grâce à des bouées lancées par les organisateurs. Mais Jallal Hami était signalé manquant peu après minuit. Les pompiers, qui n’avaient été prévenus qu’une heure plus tard, avaient repéré le cadavre du jeune homme, sportif aguerri mais nageur médiocre, près de la berge à 02H35.

Y a-t-il eu faute des élèves qui organisaient cette soirée ? Le tribunal examinera la responsabilité de chacun des prévenus dans la mort de Jallal Hami à la lumière des coutumes saint-cyriennes qui devraient être longuement évoquées lors des débats.

A Lire aussi  Des Boliviens saccagent des antennes télécoms par crainte du coronavirus

Le procès s’ouvre lundi à 9H00 devant le tribunal correctionnel de Rennes, compétent en matière militaire. Les prévenus encourent trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

– Un bizutage ? –

Selon Me Lionel Béthune de Moro, avocat d’un ancien élève officier, « si regrettable soit la disparition de ce valeureux garçon, élève officier brillant et prometteur, il n’y a pas, me semble-t-il, de faute caractérisée de nature à entraîner la condamnation ». « C’était une activité programmée, donc validée par les supérieurs, de transmission de valeurs. L’exercice avait été fait par tout le monde l’année précédente, sans aucun problème », souligne le conseil du militaire.

Mais d’après Me William Pineau, défenseur du général Francis Chanson, cet exercice nocturne « était fondé, par malheur pour le garçon disparu, sur une doctrine prévoyant un système d’autonomie des élèves » dans laquelle ceux-ci ont « recherché des formes de transgression ». « Quelque chose qui ne devait pas être un exercice militaire l’est devenu », a pointé Me Pineau qui plaidera la relaxe du gradé.

A Lire aussi  Au cinéma avec sa femme enceinte, il achète un siège supplémentaire pour qu'elle soit à l'aise : il est interpellé pour avoir "bloqué" un siège

Partie civile au procès, l’association de défense des droits des militaires affirme qu’il s’agissait bien « d’un bizutage », selon son président Jacques Bessy. « Les élèves n’étaient pas habilités à faire un exercice de franchissement, il n’y avait pas de moyens réglementaires, ce n’est pas acceptable! », estime M. Bessy qui s’interroge sur les leçons tirées du drame par Saint-Cyr.

Le général Antoine Windeck, arrivé à la tête de l’école peu avant le drame, avait été mis en examen mais n’a pas été renvoyé en correctionnelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

71e Emmy Awards: « Fleabag » crée la surprise, baroud d’honneur pour « Game of Thrones »

Meurtre d’une femme à Maisons-Laffitte: le mari écroué