
Après une menace de boycott, le parti de John Fru Ndi a finalement choisi de participar aux élections de février 2020. Alors que le spectre du mauvais score de la présidentielle 2018 plane.
Des militants du Social Democratic Front (Sdf) de toutes les régions du Cameroun sont bel et bien lancés dans la course aux pièces constitutives des dossiers de candidature aux élections municipales et législatives du 9 février 2020.
Ce n’était pas une évidence a la convocation du corps électoral, puisque l’un des préalables posés par le parti de John Fru Ndi jusqu’à lors était le retour à une situation normale dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest avant toute élection. Et à ce jour, aucun Camerounais de bonne foi ne peut affirmer que la sérénité est complètement revenue dans ces deux régions en crise depuis trois ans.
On imagine donc la situation embarrassante qui a pu être celle du Sdf le 10 novembre dernier. D’ailleurs, des cadres de ce parti n’ont pas manqué, dès ce moment-là, d’annoncer la non-participation aux élections convoquées.
C’était avant une réunion du Bureau national qui a été convoquée le 11 novembre et qui a abouti à la décision du parti de s’aligner au départ du double scrutin législatif et municipal. Et d’après certaines sources, il n’a pas été aisé de départager les partisans du boycott et les cadres qui pensaient qu’il fallait aller aux élections.
Ce même jour, le Chairman John Fru Ndi a, à travers un communiqué, demandé à «tous les membres actuels de l’As-semblée nationale et leurs adjoints de constituer leurs dossiers de candidature ».
La note poursuivait : «Je demande également à tous les maires, maires adjoints et conseillers municipaux actuels et dûment investis de constituer leurs dossiers de candidature». John Fru Ndi a enfin tendu la main à tous les membres du parti qualifiés et à jour de leurs cotisations. Une équipe a été mise sur pied pour compiler les différents dossiers de candidature, avec une coordination nationale et des représentants dans les différentes régions.
Fini le débat sur la participation, on peut maintenant se poser la question de savoir dans quel état de santé le Sdf s’en va à ces élections. On avait laissé, au lendemain de la présidentielle du 7 octobre 2018, un parti à genoux. Il venait d’occuper le pire des rangs de son histoire lors d’une confrontation de ce type. Son candidat s’est classé au 4e rang. Derrière ceux du Rdpc, du Mrc et de Univers !
Le Sdf a bien vite voulu tour ner cette page. La hiérarchie du parti a indiqué, et ça se comprend, qu’il n’y avait pas eu d’élection dans son fief traditionnel, le Nord-Ouest le Sud Ouest (la grande majorité d’élus que compte à ce jour encore le Sdf est issu du Nord-Ouest). Seulement, cette situation peut se reproduire en 2020.
Mais la hiérarchie du Sdf s’appuie aussi sur la différence qu’il y a entre des élections. Une façon de positiver et d’indiquer que la tendance de la présidentielle n’était pas définitive.
Mais avant la crise anglophone, le parti de l’opposition le mieux représenté au Parlement et dans les conseils municipaux a vu, au fil des élections, son nombre d’élus se réduire comme peau de chagrin. A l’Assemblée nationale, il est passé de 43 à 22, puis à 16 et enfin à 18. Pour les communes le parti en a contrôlé 61, puis 36 et enfin 22 lors des deux derniers mandats.
Le risque est grand que la saignée se poursuive. Surtout que le Code électoral, souvent pointé du doigt pour justifiei ces mauvais résultats, est encore le même. Rappelons que le Sdf, au faîte de sa gloire, avait en 1992 boycotté les toutes premières élections législatives après le retour au multipartisme.
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