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« inacceptable » de modifier la Constitution à 9 mois de la présidentielle ivoirienne

L’ancien chef de la rébellion ivoirienne et candidat à la présidentielle d’octobre, Guillaume Soro, actuellement en exil, a annoncé mercredi à l’AFP qu’il s’opposerait à toute modification de la Constitution dans son pays, jugeant « inacceptable » de « changer les règles du jeu » à quelques mois du scrutin.

« Je suis totalement opposé et nous nous opposerons pacifiquement au changement de la Constitution », a lancé l’ex-Premier ministre ivoirien (2007-2012) et ex-président de l’Assemblée nationale (2012-2019), dans un entretien avec l’AFP à Paris. Sous le coup d’un mandat d’arrêt dans son pays, M. Soro vit actuellement en exil.

« C’est tout de même inacceptable (…) qu’on veuille changer les règles du jeu; nous sommes outrés qu’en Afrique, à six mois d’élections, à chaque fois on essaie de +traficoter+ nos Constitutions pour flouer le citoyen », a dénoncé avec véhémence mercredi M. Soro.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 78 ans, élu en 2010, puis réélu en 2015, laisse planer le mystère sur une possible candidature à un troisième mandat, bien que la Constitution n’en autorise que deux.

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Début janvier, il a annoncé qu’il proposerait au Parlement « des modifications de la Constitution », assurant qu’il ne s’agirait pas d’éliminer « qui que ce soit » de la course à la présidentielle. M. Ouattara estime avoir le droit de se représenter en raison d’un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l’opposition.

Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire à neuf mois de la présidentielle, qui se tiendra dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts. Les élections municipales et régionales de 2018 ont été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

« J’ai déclaré ma candidature en octobre 2019 sur la base de la Constitution ivoirienne; comment (…) admettre qu’en cours de jeu on change les règles ? », a martelé M. Soro.

Guillaume Soro, 47 ans, toujours député en Côte d’Ivoire, avait tenté le 23 décembre de revenir dans son pays, après six mois à l’étranger. Mais il était reparti vers l’Europe après avoir appris qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt. Plusieurs de ses proches, dont des députés, ont été ensuite arrêtés.

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M. Soro est notamment accusé par la justice ivoirienne d’avoir fomenté « une insurrection civile et militaire », ce qu’il nie.

– ‘devenir président’ –

Jusqu’à cette affaire, il était vu comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Guillaume Soro a longtemps été allié du président Ouattara, qu’il a contribué à porter au pouvoir en 2011, lorsqu’il était à la tête de la rébellion. Il a ensuite été son Premier ministre, puis président de l’Assemblée. Mais les deux hommes se sont brouillés.

Interrogé sur les tensions politiques dans son pays et les craintes d’une dégradation sécuritaire – les évêques de Côte d’Ivoire se sont dits fin janvier « préoccupés » par la présidentielle et ont dénoncé un « climat de peur » -, M. Soro a assuré que ce n’était « pas une option pour (lui) de faire ni la guerre, ni un coup d’Etat ». « Quand on veut devenir président de la République on ne s’aventure pas dans des options périlleuses pour les Ivoiriens, pour le pays et pour soi-même ».

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Précisant se trouver « en France pour le moment », il a réaffirmé qu’il serait candidat à la présidentielle et qu’il se rendrait dans « certaines autres capitales » pour notamment « travailler au niveau de la diplomatie, au niveau européen à Bruxelles ».

Mais interrogé sur le calendrier de son éventuel retour et ses modalités alors qu’il risque la prison, Guillaume Soro est resté vague: « avec mes avocats, nous sommes en train de prendre toutes les mesures pour que ce retour soit (…) effectif ».

« Je ne veux pas fuir la justice de mon pays, qu’on me laisse rentrer et que je me mette à la disposition des institutions judiciaires », a-t-il dit.

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