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Krombach libéré pour raison médicale

C’est l’épilogue d’un feuilleton judiciaire de près de 40 ans : le médecin allemand Dieter Krombach, condamné pour le meurtre de sa belle-fille Kalinka Bamberski en 1982, a été remis en liberté pour raison médicale vendredi.

Condamné en 2011 à 15 ans de réclusion criminelle pour violences volontaires aggravées ayant entraîné la mort sans intention de la donner, l’ex-cardiologue de 84 ans a quitté dans la matinée la prison de Melun, en Seine-et-Marne.

Sa belle-fille, Kalinka Bamberski, 14 ans, avait été retrouvée morte le 10 juillet 1982 à son domicile de Lindau en Bavière (Allemagne), au bord du lac de Constance, où elle passait des vacances.

Malgré les efforts d’André Bamberski, le père de la victime, la justice allemande avait abandonné en 1987 toute poursuite à l’encontre du médecin qui vivait libre chez lui en Allemagne.

La justice française, en revanche, l’avait condamné par contumace à 15 ans de prison.

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En 2009, l’affaire avait connu un rebondissement retentissant quand Dieter Krombach avait été retrouvé ligoté et bâillonné sur un trottoir de Mulhouse (Haut-Rhin), après un enlèvement orchestré par André Bamberski.

Le cardiologue avait alors été interpellé par la police française, ouvrant la voie à sa comparution devant les assises en 2011, puis en appel en 2012.

Pour cet enlèvement, exécuté par deux hommes de main kosovar et géorgien, André Bamberski écopera en juin 2014 à Mulhouse d’un an de prison avec sursis.

Lors de ce procès, le procureur avait déclaré « comprendre » le combat du prévenu pour faire condamner le responsable de la mort de sa fille, et confié rester « souffle court devant tant de persévérance et de volonté ».

– Viol ? –

Depuis qu’il a lu le rapport d’autopsie, quatre mois après le décès de sa fille, André Bamberski est persuadé que Dieter Krombach l’a violée avant de la tuer pour cacher son crime sexuel.

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L’Allemand avait quant à lui émis lors de son procès en appel l’hypothèse de l’erreur médicale, expliquant avoir administré à Kalinka un somnifère qu’il ne connaissait pas et qui aurait pu provoquer le décès.

Invoquant le principe pénal du « non bis in idem » autrement dit le « droit à ne pas être jugé ou puni deux fois » pour les mêmes faits et arguant que la justice allemande avait à ses yeux tranché le dossier en 1987, Dieter Krombach avait introduit en octobre 2014 une requête devant la Cour européenne des droits l’Homme (CEDH). Sans succès.

Dieter Krombach réclamait depuis cinq ans d’être libéré pour raison médicale. En 2016, une expertise avait montré qu’il souffrait d’une pathologie cardio-vasculaire « susceptible de menacer son pronostic vital ».

Fin 2016, le tribunal d’application des peines de Melun avait donné un premier feu vert à cette suspension de peine, à condition de trouver une place dans une structure sanitaire adaptée en France ou même en Allemagne si les autorités allemandes « reconnaissaient et exécutaient » la décision judiciaire française. Le parquet avait fait appel, et la Cour d’appel de Paris avait finalement jugé que son état de santé restait compatible avec ses conditions d’incarcération.

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Le 21 octobre dernier, le tribunal de l’application des peines de Melun lui avait de nouveau accordé une suspension de peine pour motif médical. Mais l’exécution de cette décision était suspendue dans l’attente de sa reconnaissance par les autorités judiciaires allemandes.

L’octogénaire avait été examiné à l’été 2019 et les experts avaient conclu que son état de santé était désormais incompatible avec une détention dans des conditions ordinaires. Le détenu souffre de pathologies neurologiques et cardiaques.

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