quatre ans de prison requis contre Lamine Diack, cinq pour son fils

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Le parquet national financier a requis mercredi quatre ans d’emprisonnement et une amende maximale de 500.000 euros contre l’ancien patron de l’athlétisme mondial Lamine Diack, à son procès pour corruption sur fond de dopage en Russie.

Les procureurs ont requis une peine encore plus lourde de cinq ans de prison, 500.000 euros d’amende et un mandat d’arrêt contre son fils Papa Massata, ancien puissant conseiller marketing à la fédération internationale d’athlétisme, qui a toujours échappé à la justice française et absent à son procès.

Lors de ses réquisitions, le procureur François-Xavier Dulin a convenu que la peine requise contre Lamine Diack, « au soir de sa vie » (87 ans), était importante, mais qu’il avait commis « une infraction énorme », « une infraction à la probité qui a causé un préjudice mondial ».

L’ancien président, de 1999 à 2015, de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) et son fils sont jugés à Paris, avec quatre autres personnes, notamment pour avoir permis de retarder, à partir de fin 2011, des sanctions disciplinaires contre des athlètes russes soupçonnés de dopage.

Leur but, selon les juges d’instruction: obtenir un coup de main des autorités à Moscou dans le renouvellement des contrats de sponsoring et de diffusion de l’IAAF avec la banque d’Etat russe VTB et la chaîne de télé publique RTR, ainsi que des fonds pour financer l’opposition au sortant Abdoulaye Wade lors de la présidentielle 2012 au Sénégal, finalement remportée par Macky Sall, toujours en place.

Le parquet national financier réclame que Lamine Diack soit condamné pour corruption active et passive, blanchiment en bande organisée et abus de confiance.

Lamine Diack est aussi accusé d’avoir permis à son fils, poursuivi pour recel d’abus de confiance, corruption et blanchiment en bande organisée, de s’approprier plusieurs millions d’euros dans les négociations avec les sponsors, la banque russe VTB, le Coréen Samsung ou la chaîne chinoise CCTV. Soit en imposant ses sociétés comme intermédiaires, soit en s’attribuant des commissions « exorbitantes », parfois plus de 20%, alors qu’il était déjà payé 900 dollars, puis 1.200 par jour de travail comme consultant marketing à l’IAAF.

Les deux procureurs ont décortiqué la chronologie des faits, énumérant les nombreux mails, courriers, virements financiers, qui accréditent les accusations de corruption, et décrivant l’IAAF devenue un « paradis des conflits d’intérêts », « l’objet de son président ». Ils ont aussi fustigé la « mainmise du père et du fils sur les finances » de l’institution.

-« Il nage dans l’argent »-

« Lamine Diack nous a dit qu’il n’était pas un homme d’argent. Mais il nage dans l’argent », a accusé l’un des deux procureurs François-Xavier Dulin.

L’affaire démarre au début des années 2010, avec l’arrivée dans l’arsenal antidopage du passeport biologique, qui permet de déceler des variations sanguines suspectes. L’étau se resserre alors sur la Russie et, en novembre 2011, une liste de 23 athlètes suspects est établie au département antidopage de l’IAAF.

Au même moment, Lamine Diack, son fils et l’un des conseillers du président, Habib Cissé, multiplient les voyages à Moscou, où le premier va être décoré par le président de l’époque Dmitri Medvedev. « Il a un rang de chef d’Etat », a souligné le procureur. Le parquet a requis 3 ans de prison dont 18 mois de sursis et 100.000 euros d’amende contre Habib Cissé, ainsi que l’interdiction d’exercer la profession d’avocat.

Les dossiers disciplinaires, eux, ont traîné en longueur, permettant à plusieurs athlètes de participer aux JO de Londres-2012. Certains y seront même sacrés (Kirdyapkin 50 km marche, Zaripova 3.000 m steeple) avant d’être déchus.

Lamine Diack et l’ancien patron de l’antidopage à l’IAAF, Gabriel Dollé, contre qui deux ans de prison, dont un avec sursis, a été requis pour corruption passive, ont reconnu durant le procès avoir retardé les sanctions, assurant qu’ils voulaient éviter un scandale qui aurait entaché l’athlétisme et gâché les négociations avec des sponsors russes. Mais ils ont dit qu’ils ignoraient tout à l’époque des pots-de-vin qu’auraient versé des athlètes, pour 3,45 millions d’euros, selon les juges d’instruction, pour obtenir une « protection totale ».

Le procès doit se terminer vendredi par les plaidoiries de la défense. Le jugement sera mis en délibéré.

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