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nouvelle peine de prison ferme contre un journaliste

Le journaliste algérien Abdelkrim Zeghileche a été condamné lundi à deux ans de prison ferme pour « atteinte à l’unité nationale » et « outrage au chef de l’Etat », dernier procès en date contre des militants prodémocratie en Algérie, a indiqué l’un de ses avocats à l’AFP.

Cette lourde peine survient dans un contexte de répression systématique contre des journalistes, des blogueurs et des militants du mouvement populaire antirégime « Hirak ».

« Quelques soient ses activités politiques, la condamnation à deux ans de prison ferme d’Abdelkrim Zeghileche confirme la dérive autoritaire du pouvoir algérien », a dénoncé l’ONG Reporters sans Frontières (RSF).

Il est notamment reproché à M. Zeghileche, détenu depuis le 24 juin, des publications sur Facebook appelant à la création d’un nouveau parti politique, selon son avocat, Me Djamel Aissiouane.

« Maintenant, tous les opposants algériens, dès qu’ils parlent, on leur colle +atteinte à l’unité nationale+ pour les incarcérer », a-t-il déploré.

M. Zeghileche « a été condamné à deux ans de prison ferme et à une amende de 100.000 dinars (660 euros) ». Mais « le dossier est vide. Nous allons faire appel », a assuré M. Aissiouane.

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Le procureur du tribunal de Constantine (nord-est) avait requis trois ans de prison ferme à l’encontre de M. Zeghileche, directeur de Radio-Sarbacane, une radio indépendante en ligne.

Le journaliste avait été relaxé le 4 mars dans le cadre d’un autre procès pour « incitation à attroupement non armé » après un appel à un sit-in contre le 5e mandat du président déchu Abdelaziz Bouteflika début 2019.

« Sale temps pour les journalistes. Une lourde peine qui s’ajoute à celle de Khaled Drareni et qui allonge tristement la liste des journalistes emprisonnés », a réagi le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH), Saïd Salhi.

– « Libérez le journalisme » –

Le 10 août, le journaliste indépendant Khaled Drareni a été condamné à trois ans de prison ferme pour « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l’unité nationale ».

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Une campagne internationale de solidarité a été lancée par des défenseurs des droits de la presse et de la protection des journalistes. Des manifestations en faveur de sa libération ont aussi été organisées à Paris, New York et Genève.

Lundi, quelque 150 personnes -en majorité des journalistes- se sont mobilisées à la mi-journée devant la Maison de la Presse à Alger, encadrées par un important dispositif policier, pour exiger la libération de M. Drareni, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Khaled Drareni est un journaliste libre! Libérez le journalisme, libérez la justice! », ont scandé les manifestants.

« La place de Khaled Drareni n’est pas en prison, sa place est dans la rédaction de son site », a déclaré à l’AFP Omar Belhouchet, ancien directeur du quotidien francophone El Watan.

Un jeune blogueur partisan du « Hirak », Walid Kechida, est lui en détention provisoire pour avoir publié des mèmes se moquant des autorités et de la religion. Il a vu sa demande de libération rejetée lundi, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) et sa détention a été prolongée de quatre mois.

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Ces derniers mois, des journalistes ont été accusés par le régime de semer la discorde, de menacer l’intérêt national et surtout d’être à la solde de « parties étrangères ». Plusieurs sont en prison, comme Belkacem Djir, et des procès sont en cours.

« Malgré le large élan de solidarité nationale et internationale qui s’exprime ces jours-ci en faveur des journalistes emprisonnés et lourdement condamnés, le verdict d’aujourd’hui sonne comme (une) menace contre la presse libre et les journalistes indépendants ou toute voix discordante », a dénoncé M. Salhi, de la LADDH.

L’Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF, dégringolant de 27 places par rapport à 2015.

amb-fa-sc-agr/awa

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