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Manoeuvres militaires rivales en Méditerranée orientale malgré les appels à la désescalade

Malgré les appels à la désescalade, des manœuvres militaires rivales ont eu lieu mercredi en Méditerranée orientale, dans un contexte de tensions croissantes entre la Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l’Otan, qui se disputent des zones maritimes riches en hydrocarbures.

D’un côté, des navires de guerre turcs ont procédé à des exercices avec un destroyer américain, selon le ministère turc de la Défense.

De l’autre, « Chypre, la Grèce, la France et l’Italie se sont mises d’accord pour déployer une présence commune en Méditerranée orientale dans le cadre de l’Initiative quadripartite de coopération (QUAD) », a annoncé le ministère grec de la Défense.

L’exercice européen a commencé mercredi et doit durer jusqu’à vendredi dans le sud et le sud-ouest de Chypre, selon une source militaire.

Ces manœuvres interviennent en plein accroissement des tensions entre la Turquie et la Grèce en Méditerranée orientale, où la découverte d’importants gisements gaziers ces dernières années a aggravé des disputes anciennes entre ces deux pays voisins concernant leurs frontières maritimes.

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Elles « n’aident pas » à la désescalade prônée par l’Allemagne, qui assure la présidence tournante de l’UE, a estimé la ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer, à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’Union européenne à Berlin.

Elles visent à « réaffirmer à la fois le droit international et la liberté de navigation », a précisé le ministère français des Armées, selon lequel ce déploiement, « planifié depuis un certain temps », n’est pas une escalade.

Depuis le 10 août, le bâtiment sismique turc Oruç Reis accompagné d’une escorte navale se trouve dans cette zone, provoquant l’ire d’Athènes qui a répliqué en envoyant sur place des bâtiments.

La France a averti Ankara que la Méditerranée orientale ne pouvait pas constituer « un terrain de jeu » pour des « ambitions » nationales.

« Le respect du droit international doit être la règle et non l’exception », a déclaré la ministre française des Armées Florence Parly dans un tweet.

En dépit des appels à la désescalade en provenance de l’Europe, des Etats-Unis et de l’Otan, le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti que la Turquie ne ferait « aucune concession » pour défendre ses intérêts gaziers en Méditerranée orientale.

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Il a appelé ses « interlocuteurs » à « se garder de toute erreur » qui mènerait à leur « ruine », dans une allusion à la Grèce qu’il n’a pas nommée.

– Athènes prête à « une désescalade » sous condition –

« La Grèce est prête à une désescalade significative, mais à condition que la Turquie arrête immédiatement ses actions de provocation », a déclaré mercredi soir le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis au président américain Donald Trump.

Lors d’un entretien téléphonique, M. Mitsotakis a évoqué les « actions déstabilisantes de la Turquie qui mettent en danger la paix et la stabilité de toute la région et mettent à l’épreuve la cohésion de l’Otan », selon le bureau de presse du Premier ministre grec.

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg s’est dit « préoccupé par la situation en Méditerranée orientale », exhortant lui aussi à « la désescalade » et au « dialogue ».

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« Nous devons trouver un moyen de régler cette situation (…) sur la base de l’esprit de solidarité entre alliés et du droit international », a-t-il lancé.

Selon Chypre, les tensions gréco-turques « ont atteint leur pic ».

Dans le cadre de sa mission de médiation entre Ankara et Athènes, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, avait prévenu mardi que « la moindre étincelle pouvait conduire à une catastrophe ».

La petite île grecque de Kastellorizo, située à deux kilomètres des côtes turques, cristallise la colère d’Ankara.

Selon Athènes, les eaux l’entourant sont sous souveraineté grecque, ce qui priverait Ankara de dizaines de milliers de km2 de zones maritimes riches en gaz.

Ankara réclame « un partage équitable » des eaux en Méditerranée et s’est dit prêt mardi à « un dialogue sans conditions préalables ».

Le différend gréco-turc sera à l’ordre du jour d’un conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE jeudi et vendredi à Berlin.

burx-mr-chv/fjb

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