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un verdict final saoudien annule les cinq peines capitales

Un tribunal de Ryad a annulé lundi les peines capitales prononcées pour le meurtre en 2018 à Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi, dans un verdict final aussitôt dénoncé par une experte de l’ONU, la Turquie et la fiancée turque de cet ancien critique du pouvoir saoudien.

« Cinq prévenus ont été condamnés à 20 ans de prison et trois autres à des peines allant de 7 à 10 ans », a indiqué l’agence officielle saoudienne SPA, citant les services du procureur général.

« Le procureur saoudien a joué un nouvel acte dans cette parodie de justice », a réagi sur Twitter la rapporteure spéciale de l’ONU sur les exécutions sommaires, Agnès Callamard, selon qui « ces verdicts n’ont aucune légitimité juridique ou morale ».

Le verdict « est loin de satisfaire les attentes de la Turquie et de la communauté internationale », a pour sa part écrit sur Twitter Fahrettin Altun, porte-parole de la présidence turque.

« Nous ne savons toujours pas ce qu’il est advenu du corps de Khashoggi, qui voulait sa mort ni s’il y a eu des complices locaux – ce qui met en cause la crédibilité » du procès, a ajouté le porte-parole.

La fiancée turque de Jamal Khashoggi, Hatice Cengiz, a elle qualifié le verdict de « farce »: « Les autorités saoudiennes ont clos ce dossier sans que le monde sache la vérité sur qui est responsable du meurtre de Jamal ».

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Reporters sans frontières (RSF) a également dénoncé un « procès sans public ni journalistes n’a pas permis de connaître la vérité et de comprendre ce qui s’est passé le 2 octobre 2018 au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul et qui avait donné préalablement l’ordre de commettre ce crime d’Etat », a déclaré à l’AFP le secrétaire général de l’ONG, Christophe Deloire.

Depuis le début de la procédure judiciaire en Arabie saoudite, il n’y a eu « que des tentatives répétées de dissimulation », a déclaré à l’AFP Ines Osman, directrice de MENA, une ONG de défense des droits humains basée à Genève.

Le verdict intervient après que les fils de Jamal Khashoggi ont annoncé en mai « avoir pardonné » ses tueurs. Par le passé, son fils ainé Salah Khashoggi avait assuré avoir « pleinement confiance » dans le système judiciaire saoudien.

En avril 2019, le Washington Post avait affirmé que les quatre enfants du journaliste, y compris Salah, avaient reçu des maisons d’une valeur de plusieurs millions de dollars et étaient payés des milliers de dollars par mois par les autorités. La famille avait alors démenti.

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– Versions –

Collaborateur du Washington Post et critique du régime saoudien après en avoir été proche, Khashoggi a été assassiné et son corps découpé en morceaux dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il s’était rendu pour récupérer un document.

Il avait alors 59 ans et ses restes n’ont jamais été retrouvés.

Ce meurtre a plongé l’Arabie saoudite dans l’une de ses pires crises diplomatiques et terni l’image du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS », désigné par des responsables turcs et américains comme le commanditaire du meurtre.

Après avoir nié l’assassinat, puis avancé plusieurs versions, Ryad a affirmé qu’il avait été commis par des agents saoudiens qui auraient agi seuls et sans recevoir d’ordres de leurs dirigeants.

Le procureur saoudien a innocenté le prince héritier. Ce dernier a déclaré à la télévision américaine PBS qu’il acceptait la responsabilité du meurtre, parce qu’il s’est produit alors qu’il était « aux commandes » tout en niant en avoir eu connaissance auparavant.

La CIA américaine aurait également conclu que le prince, qui contrôle tous les leviers du pouvoir, avait probablement ordonné le meurtre.

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La justice saoudienne s’était elle-même saisie de l’affaire et, en décembre dernier, à l’issue d’un procès opaque, cinq Saoudiens avaient été condamnés à mort et trois autres à des peines de prison, sur un total de 11 personnes inculpées. Les trois autres avaient été « blanchies ».

– « Fin » –

Les personnes condamnées lundi n’ont pas été identifiées.

Les services du procureur général ont en revanche souligné que ce nouveau jugement mettait « fin » à l’affaire, marquant la volonté de Ryad de tourner définitivement la page.

La justice turque a pour sa part commencé début juillet à juger par contumace 20 Saoudiens, dont deux proches du prince héritier, l’ex-conseiller Saoud al-Qahtani et l’ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, identifiés comme les commanditaires du meurtre.

Le premier a fait l’objet d’une enquête en Arabie saoudite mais n’a pas été inculpé « en raison de preuves insuffisantes » et le second, mis en accusation, a été acquitté pour les mêmes motifs, selon le parquet saoudien.

Les deux hommes ont été officiellement évincés du cercle politique de MBS.

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