Après plus de six mois de querelles, le Conseil de sécurité de l’ONU a accepté de nommer un nouvel envoyé spécial pour la Libye et un « coordinateur » qui sera le commandant en second, ont annoncé vendredi des diplomates.
Le Conseil votera au début de la semaine prochaine sur un projet de résolution qui renouvellerait la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) jusqu’au 15 septembre 2021 et préciserait la structure de direction.
Le projet, vu par l’Agence France-Presse (AFP), indique que le Conseil a décidé que « la MANUL devrait être dirigée par un Envoyé spécial du Secrétaire général … avec un accent particulier sur les bons offices et la médiation avec les acteurs libyens et internationaux pour mettre fin au conflit. «
Sous l’autorité de l’envoyé, « un coordonnateur de la MANUL sera chargé des opérations quotidiennes de la MANUL et de la gestion » de ses quelque 200 employés, indique le texte.
Le Conseil demandera au Secrétaire général Antonio Guterres de « nommer sans délai son Envoyé spécial », selon le document.
L’envoyé de l’ONU en Libye, Ghassan Salame, a démissionné en mars pour des raisons de santé et des querelles entre les États-Unis et ses partenaires sur la manière de définir le rôle ont bloqué la nomination d’un successeur.
Guterres avait fait appel à l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, mais Washington a rejeté sa nomination pour des raisons qui n’ont pas été rendues publiques.
Le chef de l’ONU s’est ensuite tourné vers l’ancienne ministre ghanéenne Hanna Serwaa Tetteh, mais les États-Unis l’ont de nouveau rejeté, demandant que le poste soit divisé en deux – un envoyé politique et un chef de la mission de l’ONU, comme c’est le cas pour Chypre ou le Sahara occidental.
Washington a fait pression pour que l’ancien Premier ministre danois Helle Thorning-Schmidt soit le prochain envoyé spécial, mais les 14 autres membres du Conseil ont critiqué ce choix, ont déclaré des diplomates.
La Libye a enduré près d’une décennie de chaos violent depuis le soulèvement soutenu par l’OTAN en 2011 qui a renversé et tué le dictateur vétéran Moammar Kadhafi.
Le gouvernement d’accord national (GNA) reconnu par l’ONU et une administration orientale dirigée par le putschiste général Khalifa Haftar se disputent le pouvoir sur fond de dizaines de conflits locaux.
La mission de l’ONU en Libye est dirigée depuis la démission de Salame par son adjoint, la diplomate américaine Stephanie Williams. Elle doit partir à la fin du mois.
Dans une lettre adressée à Guterres au début du mois, le GNA a déclaré qu’il soutenait la solution américaine consistant à diviser la direction de la mission en deux, avec un envoyé et un coordinateur.
La résolution proposée, rédigée par la Grande-Bretagne, demande à Guterres « d’évaluer les étapes nécessaires pour parvenir à un cessez-le-feu durable » au cours des deux prochains mois et de faire des recommandations sur la manière dont l’ONU peut participer à « un appui évolutif au cessez-le-feu ».
Le texte demande que tous les États membres de l’ONU se conforment pleinement à un embargo sur les armes mis en place en 2011, qui a été violé à plusieurs reprises.
Il demande également aux pays de mettre fin à « tout soutien » aux mercenaires armés dans le pays ravagé par la guerre et à leur retrait immédiat, ainsi qu’à toute nouvelle intervention étrangère.
La Turquie et le Qatar ont soutenu le GNA, tandis que les Émirats arabes unis (EAU), l’Égypte et la Russie soutiennent Haftar.
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