La France a promu et soutenu financièrement et politiquement un campus militaire privé destiné à former des soldats saoudiens, a révélé Amnesty International dans un rapport publié en juillet.
L’organisation internationale a déclaré, « qu’en toute impunité et en contradiction flagrante avec ses engagements internationaux, la France fournit des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis (EAU), pays engagés dans le conflit au Yémen ».
Le groupe de défense des droits a rappelé que les Nations Unies ont qualifié le conflit de «pire catastrophe humanitaire au monde».
Dans le cadre de sa campagne «Faites taire les armes», Amnesty a mené une enquête qui révèle «la manière dont la France va plus loin, en permettant aux soldats saoudiens de venir s’entraîner sur le sol français».
Ainsi, l’auteur du rapport, Audrey Lebel, explique que dans le commerce des armes « la formation est un aspect moins connu, mais elle en fait bien partie ».
Le camp d’entraînement militaire est situé à Commercy dans l’est de la France et est dirigé par l’armurier belge John Cockerill.
Selon le rapport, la France se prépare à former des soldats saoudiens au maniement des dernières versions d’armes, déjà utilisées dans le conflit au Yémen. C’est «grâce à un tout nouveau centre de formation, situé sur la commune de Commercy en Meuse avec de l’argent du contribuable français, et en violation des traités internationaux», précise Lebel.
Lebel a déclaré que la société belge était censée stimuler l’économie locale en retour.
John Cockerill a également bénéficié d’une exonération totale d’impôts et de cotisations sociales pendant trois ans, suivie d’une exonération partielle pendant deux ans, payée par l’Etat, a précisé Lebel.
«Le contrat permettrait également à l’entreprise d’être exonérée de la taxe foncière sur cinq ans ainsi que des cotisations patronales aux assurances sociales et aux allocations familiales pendant trois ans», a-t-elle ajouté.
La France, troisième exportateur d’armes au monde, compte l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis comme principaux clients et a résisté aux pressions pour arrêter les ventes d’armes aux pays du Golfe. L’année dernière, le gouvernement français a confirmé qu’une nouvelle cargaison d’armes était dirigée vers l’Arabie saoudite.
La pression avait augmenté sur le gouvernement français après que le site d’information d’investigation Disclose eut divulgué en avril dernier une note militaire classifiée détaillant l’utilisation de chars et d’artillerie français dans la guerre contre les rebelles houthis.
Le Yémen a été dévasté par une guerre civile brutale dans laquelle la coalition dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue en mars 2015 après que les Houthis ont évincé le gouvernement internationalement reconnu du pouvoir dans la capitale, Sanaa, en 2014. Le conflit est largement considéré comme une guerre par procuration entre l’Arabie saoudite. L’Arabie et son ennemi régional, l’Iran. Plus de 100 000 personnes ont été tuées et des millions sont au bord de la famine, selon les agences humanitaires.
Alors que l’ONU et les efforts diplomatiques internationaux ont poussé à une solution politique, la guerre au Yémen se poursuit et est devenue plus complexe.
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