« La République s’affaisse » en raison des « discours ambigus » d’un « certain nombre de groupes gauchistes », parmi lesquels des « députés insoumis », a estimé lundi Bernard Cazeneuve, trois jours après la décapitation d’un enseignant qui avait montré des caricatures de Mahomet.
« Je parle bien entendu d’un certain nombre de députés insoumis qui ne se comportent pas de façon républicaine (et) sont grandement responsables de ce qui existe dans ce pays », a jugé l’ancien Premier ministre et ministre de l’Intérieur de François Hollande sur France Inter, interrogé sur la « solitude » des enseignants.
« La République s’affaisse parce que, sur ses principes, certains ont la main qui tremble », a assuré M. Cazeneuve en pensant aux élus « qui s’arrangent avec les salafistes dans les quartiers ». « On crée les conditions d’une tension extrême, d’une stratégie de la confrontation à l’intérieur de la République », a-t-il ajouté.
Le rassemblement en hommage au professeur assassiné, Samuel Paty, dimanche place de la République à Paris, a été l’occasion pour certaines figures politiques de fustiger les positions de La France Insoumise, l’ancien Premier ministre Manuels Valls critiquant Jean-Luc Mélenchon comme ayant « une très grande responsabilité dans cette lâcheté de la gauche » face à l’islamisme.
M. Mélenchon a répondu sur BFMTV en jugeant que « tous ces gens se défaussent de leurs propres responsabilités », et en faisant valoir que « ce n’est pas le moment de la dispute ».
« Une bonne fois pour toutes: Jean-Luc Mélenchon n’est ni islamiste ni gauchiste ! », a lancé dans un entretien à Libération lundi le député et numéro deux de LFI Adrien Quatennens. « Nous avons la République au cœur, sans la géométrie variable et les petits arrangements de ceux qui nous insultent ! ».
Le député LFI Eric Coquerel a estimé sur Sud Radio que M. Valls « fait exactement ce que les terroristes attendent: se diviser, faire des attaques de ce type bassement politiciennes pour avoir accès à quelques médias ».
Il a jugé « particulièrement insultants » les propos du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui, à plusieurs reprises, a accusé LFI d' »islamo-gauchisme ». « Ca me fait penser à judéo-bolchévique dans les années 1930 », a souligné M. Coquerel.
« J’étais présent à la marche suite à l’assassinat de Mireille Knoll, assassinée parce que juive, j’y étais avec Mme [Marine] le Pen [RN]alors que je suis profondément opposé à ses idées et en désaccord avec elle ! », a rétorqué le député LFI Alexis Corbière dans un tweet.
Que faire face à l’islamisme ? LFI plaide pour que davantage de moyens soient donnés pour faire du « renseignement humain ».
Pour Bernard Cazeneuve, sur France Inter, « il faut tous les jours expulser ceux qui, étrangers, ont par leurs propos, par leurs actes, par leur comportement, incité à la haine, enfreint les règles de la République », a-t-il estimé, soulignant cependant les difficultés juridique et diplomatique de le faire.
Il est aussi favorable à « la dissolution de toutes les associations dont les propos fracturent la République dans ses fondements ».
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