Paris lance la riposte à l’appel au boycott des produits français au Moyen-Orient

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on whatsapp
WhatsApp
Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron, ici en 2018. Depuis plusieurs jours, le torchon brûle entre Paris et Ankara. AFP/LUDOVIC MARIN

En butte aux attaques du président turc Recep Tayyip Erdogan et à un appel au boycott des produits tricolores dans certains pays musulmans, Emmanuel Macron a réaffirmé ce dimanche ses valeurs et son rejet des «discours de haine».

#Boycott_France_Products, #We_Love_Mohammad ou encore #WeHateFrancegovernment. Face à la prolifération des messages contre la France ce week-end sur les réseaux sociaux au Moyen-Orient, la France a riposté, ce dimanche soir, exhortant les gouvernements des pays concernés à faire « cesser » ces appels au boycott de produits français et à manifester provenant d’une « minorité radicale ». Paris leur a également demandé d’« assurer la sécurité » des Français vivant sur leur sol.

Emmanuel Macron lui-même a riposté sur les réseaux peu après, sur Twitter et sur Instagram : « La liberté, nous la chérissons ; l’égalité, nous la garantissons ; la fraternité, nous la vivons avec intensité. Rien ne nous fera reculer, jamais ». « Nous continuerons. Nous respectons toutes les différences dans un esprit de paix. Nous n’acceptons jamais les discours de haine et défendons le débat raisonnable », a-t-il ajouté, y compris en arabe et en anglais.

Il y avait urgence : des membres du gouvernement seraient également « menacés », révèle une source au quai d’Orsay, « plusieurs d’entre eux reçoivent des attaques en règle, notamment sur des comptes récemment créés sur Instagram. »

A LIRE AUSSI: Macron promet de ne « jamais accepter les discours de haine »

Depuis plusieurs jours, le torchon brûle entre Paris et Ankara. Cette campagne en ligne se produit alors qu’en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan s’en est de nouveau pris à Emmanuel Macron, mettant en doute sa « santé mentale » … Des attaques inédites qui font suite aux récentes déclarations du chef de l’Etat sur le « séparatisme islamiste » et à l’hommage, ce mercredi, au professeur Samuel Paty, décapité par un terroriste islamiste après avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet. Emmanuel Macron avait alors promis de ne pas « renoncer aux caricatures » du prophète des musulmans.

Pour autant, le boycott « n’est pas une surprise », explique une source au sein de l’exécutif. « Depuis le discours des Mureaux sur le séparatisme, un certain nombre de déclarations publiques et privées appellent à des actions contre Emmanuel Macron et la France », révèle-t-elle. Par qui et pourquoi? Initiée dès vendredi sur les réseaux sociaux, cette mobilisation serait le résultat d’une « machine lancée par des réseaux turcs », explique une autre source au quai d’Orsay, tandis que Franck Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur dénonce « des actions privées ».

A LIRE AUSSI: Après ses attaques, Erdogan critiqué en France de gauche à droite

Une thèse que pondère Jean-Pierre Filiu, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à Sciences-po Paris. Selon l’expert, la fronde serait plutôt le résultat d’une « manipulation de la présidence turque » qui aurait « mobilisé tous ses réseaux, via le Qatar et les Frères musulmans, pour déclencher une campagne de boycott prétendument spontanée […] en exploitant toute une série d’amalgames et d’intoxications diffusés sur les réseaux sociaux ». Parmi ces derniers, « des messages prétendent que l’étude des caricatures de Charlie Hebdo serait devenue institutionnalisée, voire obligatoire, en France », développe-t-il.

Le Parisien

Comments

0 comments

Dans la même catégorie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles

Cinéma

Technologie

Les plus lus