l’armée progresse vers le repaire des rebelles islamistes

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L’armée mozambicaine progresse vers la forêt qui sert de repaire aux insurgés islamistes qui sèment la terreur dans le nord du pays, une zone riche en gaz, a affirmé le gouvernement.

Un groupe désigné localement sous le nom d’Al-Shabab » (« les jeunes », en arabe) a lancé une sanglante insurrection en 2017 dans la province de Cabo Delgado, près de la frontière avec la Tanzanie, coupant des têtes, incendiant les maisons.

Le groupe, qui a prêté allégeance à l’Etat islamique (EI) en 2019, emploie des tactiques et des armements de plus en plus sophistiqués, et s’est emparé en août du port stratégique de Mocimboa da Praia, à une soixantaine de kilomètres d’un important projet d’exploitation gazière.

Selon l’ONU et des ONG, les violences ont déjà fait dans cette région plus de 2.000 morts, dont une majorité de civils, dans une zone stratégique pour l’exploitation d’immenses réserves de gaz naturel liquéfié, sur lesquelles compte ce pays pauvre d’Afrique australe pour augmenter ses revenus et devenir l’un des principaux exportateurs mondiaux.

Le ministre de l’Intérieur, Amade Miquidade a déclaré tard mercredi soir devant les députés que l’armée avait déjà démantelé plusieurs « bases dans les bois » et se dirigeait vers le quartier général des rebelles, dans la région de Mocimboa da Praia, à travers une forêt très dense.

« Les terroristes y ont leur base principale, qu’ils appellent ‘Syrie’, sur laquelle se concentrent nos opérations », a-t-il ajouté devant le Parlement.

« Nous avons mis hors de combat plusieurs de leurs responsables, dont certains sont étrangers », a-t-il poursuivi, se refusant à plus de précisions.

Le groupe islamiste armé, qui pourrait compter 2.000 combattants selon des des sources de renseignement militaire, a revendiqué plus de 600 attaques depuis trois ans, selon l’ONG ACLED.

Amade Miquidade a indiqué que les violences avaient chassé plus de 435.000 personnes de leurs foyers, dont 100.000 au cours du seul dernier mois.

Il a évoqué la menace pesant sur les projets d’exploitation du gaz naturel liquéfié et justifié l’emploi de compagnies de sécurité privées pour renforcer la sécurité de la région.

C’est la première fois que le gouvernement reconnaît publiquement qu’il fait ainsi appel à des entreprises de sécurité.

Le géant énergétique français Total a annoncé en juillet la signature d’un accord de financement de 13 milliards d’euros pour son projet d’exploitation d’importantes réserves sous-marine de gaz, découvertes au large de la province du Cabo Delgado.

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