Jean Le Cam veut « faire rêver différemment »

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A 61 ans, il peut tout. Depuis une semaine, Jean Le Cam impressionne en tête du Vendée Globe, pour son cinquième tour du monde en solitaire avec ses bons mots, son message positif et un sacré talent de marin.

L’avant de son bateau, sur lequel figure son visage croqué par l’artiste Titouan Lamazou, premier vainqueur du Vendée Globe en 1990, fend l’eau avec force.

C’est un fameux voilier, vieux de treize ans, loin des bateaux de dernière génération équipés de ‘foils’ qui leur permettent de +voler+. Mais le « roi Jean », le surnom de Jean Le Cam depuis qu’il a remporté trois fois la Solitaire du Figaro (1994, 1996, 1999), l’une des courses les plus éprouvantes, rivalise avec majesté.

« On ne fera pas rêver les gens avec des foils, on les emmènera avec nous pour rêver différemment », promettait-il dans un entretien à l’AFP avant d’embarquer pour le Vendée Globe.

« Le Vendée Globe, c’est une aventure humaine qui amène des gens avec toi. Quand tu fais rêver les gens, tu les rends plus positifs, ça devrait être remboursé par la sécurité sociale ! », lance le bonhomme aux cheveux noirs bouclés, facétieux et peu prolixe.

– Endetté –

Obsédé par le large, Jean Le Cam vit la mer. Depuis le 8 novembre, il est aux avant-postes de la neuvième édition du Vendée Globe et affronte de plein fouet avec brio front violent et dépression tropicale. Il tient bon face aux jeunes loups, même s’il sait pertinemment que cela ne durera pas.

Et dire qu’il y a moins d’un an, il n’avait pas les fonds nécessaires pour rempiler sur une course qu’il a terminée à la deuxième place en 2005.

En 2017, il a dû vendre son bateau – celui sur lequel il navigue aujourd’hui – à son banquier, le Crédit Agricole, pour rembourser des dettes. Il verse désormais un loyer à la banque pour continuer à vivre son métier-passion.

En 2019, il est sollicité pour préparer le bateau de Damien Seguin (Groupe Apicil), qui court son premier Vendée Globe (6e au classement de dimanche) avant d’accompagner Nicolas Troussel (Corum L’Epargne) sur la route du tour du monde en solitaire (11e dimanche). De quoi lui « permettre de vivre et de faire vivre les mecs qui bossent sur le bateau ».

Mais la recherche de partenaires n’est pas vraiment fructueuse pour le marin breton, au palmarès éloquent et à la personnalité bien différente de la nouvelle génération de skippers, pour beaucoup des ingénieurs.

– ‘Je cause correct’ –

« Les gens en ont marre de la standardisation, moi je suis pas dans le standard. Si les gens ont besoin de différence qu’ils viennent me voir. Je ne pars pas sur la lune, le public m’aime bien, je cause correct ».

Il embarque néanmoins avec lui deux partenaires. Avec un bateau nommé « Yes We Cam! » (un jeu de mots avec ‘Yes we can’: « oui nous le pouvons »), il prend le départ. Juste parce qu’il en a envie.

Rien ne trouble jamais sa tranquillité, sauf si ça a trait à son bateau. « Moi ce qui m’énerve c’est la forme de mon gennak’ (voile d’avant) demain ! ».

Sa femme, qui n’en dort parfois pas la nuit, le soutient depuis 30 ans dans son obsession pour la course au large. « Sur le bateau c’est un pur génie, il est démoniaque, réellement », confie celle qui a tout vécu, des galères financières au naufrage au large du Cap Horn en janvier 2009.

Fidèle à lui-même, il a emporté une dizaine de peluches pour sa circumnavigation, même si cela fait sourire doucement sur les pontons. « Ca fait partie de mon Vendée Globe. Ca a commencé en 2004 avec le Marsupilami, depuis des enfants m’en envoient. C’est superfêtatoire, entre superficiel et festif ! », s’amuse ce grand gamin.

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