manifestation de salariés pour peser sur les négociations

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Plus d’une centaine de salariés se sont rassemblés vendredi matin devant l’usine de pneumatiques Bridgestone à Béthune (Pas-de-Calais), vouée à la fermeture, pour protester à l’appel de l’intersyndicale, contre la tournure des négociations avec une direction qui « essaie de gagner du temps ».

« La direction essaie de gagner du temps, on ne va pas se laisser faire, elle fait traîner. On met en garde la direction, ça va se durcir. On est prêt à se battre pour qu’il y ait un repreneur et pour le PSE, que les salariés partent dignement », a déclaré Bruno Wable, secrétaire adjoint CGT devant l’usine du Pas-de-Calais.

« Il faut que la direction change d’attitude », a pour sa part affirmé le président du conseil régional Xavier Bertrand (ex-LR). « Ils ne font toujours pas ce qu’il faut, les négociations elles ont commencé hier (…) c’est pas une surprise, ça ne se passe pas bien ».

L’avenir des 863 salariés « est sombre, il faut absolument qu’on l’éclaire avec des garanties, des congés de reclassement, des garanties, des primes supralégales. Il faut que tout le poids de l’Etat soit mis pour faire payer Bridgestone », a prôné le député LFI de la Somme, François Ruffin, également venu en soutien.

Une réunion de négociation du PSE s’est tenue jeudi sur les retraites et préretraites sans déboucher sur un accord, selon les syndicats. « La direction a arrêté les négociations », a affirmé Stéphane Ducrocq, avocat de l’Intersyndicale.

« Nos dirigeants, c’est de la pure provocation. On veut un accord thème par thème » et « eux veulent tout mélanger », a fait écho Denis Drouet, délégué syndical CFDT.

« On sait que l’usine va fermer (…) on veut montrer la force de l’intersyndicale pour peser dans les négociations », a-t-il ajouté.

« Bridgestone, premier sponsor des JO Paris 2024, les 863 salariés n’auront pas oublié », pouvait-on lire sur une banderole tendue sur les grilles de l’usine.

Les manifestants ont fait brûler des palettes et planté quelques croix en bois sur la route qui longe le site. Des affiches, traduites en japonais, montraient un enfant interrogeant « Pourquoi ma maman n’arrête pas de pleurer? ».

Les salariés « sont révoltés » mais « ils n’iront pas à la faute » pour préserver les espoirs de reprise du site, a pour sa part estimé sur BFMTV la ministre chargée de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher.

« Notre objectif est de remettre de l’activité sur le site, nous avions proposé à Bridgestone de le faire avec eux, ils ont refusé, nous le ferons sans eux », a-t-elle assuré, alors que le géant japonais du pneumatique a confirmé mi-novembre son projet de fermeture en 2021 de l’usine.

Une première réunion du comité de suivi réunissant Etat et collectivités sur les projets de reprise doit se tenir la semaine prochaine, a précisé Xavier Bertrand à l’AFP.

« Il ne s’agit pas non plus de se jeter dans les bras du premier qui passe », a-t-il mis en garde, « le premier critère c’est la solidité du projet, sa viabilité, le nombre d’emplois et le statut des emplois.

Parmi les projets sur la table, cinq émanent de producteurs de pneus étrangers, a-t-il ajouté, évoquant l’hypothèse d' »au moins deux repreneurs ».

« L’Etat est incapable d’offrir des projets industriels qui tiennent » a pour sa part fustigé François Ruffin. « Il faut pas croire que c’est un accident ce qui se produit ici (…) Je suis pour qu’on dise: plus un pneu Brigdestone sur le territoire français, plus un pneu importé d’Inde ou de Chine en France. »

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