Plus de 120 députés libyens se sont engagés samedi au Maroc à «mettre fin aux divisions» qui minent leur pays, en commençant par convoquer le parlement élu dès leur retour au pays.
Au terme de cinq jours de pourparlers à Tanger, au Maroc, 123 des 180 membres du parlement se sont engagés à mettre fin aux « discours de haine » et aux « divisions » qui sapent les institutions libyennes.
Ils ont promis de tenir « des élections parlementaires et d’achever la transition le plus tôt possible » et que tous les membres de la Chambre des représentants se réuniraient en session « dès leur retour » en Libye.
Le Parlement a été divisé en deux groupes: un groupe basé à Tripoli, la capitale, et l’autre groupe, dirigé par le chef du parlement Aqila Saleh, basé dans la ville orientale de Tobrouk.
La plupart des députés de l’ancien Congrès national, le parlement de Tripoli dissous en 2016, siègent désormais au Haut Conseil d’Etat présidé par Khaled al-Mishri.
La session aura lieu à Ghadames, une oasis du désert près des frontières de la Libye avec l’Algérie et la Tunisie. On considère que Ghadames est loin des centres de pouvoir.
« Avoir 123 députés à la même table est en soi un succès », a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.
« La Libye a besoin d’une Chambre des représentants qui joue son rôle … La prochaine réunion en Libye aura un grand impact sur le dialogue politique », a-t-il déclaré.
La Chambre des représentants ne s’est pas réunie depuis deux ans, car deux administrations rivales se disputent le contrôle du pays, le gouvernement d’accord national (GNA) reconnu par l’ONU et une administration de l’Est fidèle au putschiste général Khalifa Haftar soutenu par une partie de le parlement élu.
Ce dernier est profondément divisé, les sessions se déroulant en parallèle à l’est et à l’ouest.
Les pourparlers interviennent à un moment où les initiatives se multiplient pour sortir de l’impasse dans le pays, qui possède les plus grandes réserves de pétrole d’Afrique.
À la mi-novembre, un forum de dialogue politique parrainé par l’ONU à Tunis a convenu de tenir des élections le 24 décembre 2021, mais pas sur qui dirigera la transition.
La réunion, la première depuis des années à réunir des parlementaires de villes rivales, visait également à convenir d’une date pour une session parlementaire officielle qui se tiendrait en Libye, bien qu’aucune mention n’en ait été faite.
GIPHY App Key not set. Please check settings