« Pas de divorce entre la police et sa population », selon Darmanin

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« Je ne partage pas le fait qu’il y ait un divorce entre la police et sa population », a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, auditionné lundi par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, après une série de violences policières.

« Il n’y a pas à renouer, ce fil n’a jamais été perdu, mais il y a à faire comprendre les difficultés que vivent les policiers et à comprendre aussi comment la population souhaite aujourd’hui l’exercice de la force légitime », a également indiqué le ministre.

Réaffirmant que les actes commis par les policiers mis en cause dans le passage à tabac du producteur de musique Michel Zecler étaient « inqualifiables », M. Darmanin a estimé que « les individualités ne sont pas un tout », en prévenant qu’il « ne supporterait pas qu’on porte atteinte à l’institution de la police et de la gendarmerie ».

« Pourquoi ces actes?, a-t-il poursuivi, sans doute à cause des comportements individuels, peut-être aussi des problèmes structurels qui ne datent pas d’hier ».

Il faut « donner à la police de la République, à la gendarmerie nationale, les moyens de l’exemplarité qu’on exige d’eux », a dit le ministre lors de cette audition, avant d’énumérer selon lui les « sept péchés capitaux » qui pèsent sur les forces de l’ordre.

Premier péché à ses yeux, « le peu de formation que nous offrons à nos policiers ». « Un policier national, c’est 12 heures de formation annuelle », a-t-il dit. « 20% seulement des policiers font ces 12 heures annuelles en 2019 ».

Pour y remédier « j’ai proposé au Président de la République cet après-midi », une « formation initiale plus importante », a dit M. Darmanin.

Deuxième péché, selon le ministre: « le fait qu’il n’y a pas assez de chefs ». Il faut « recréer un corps intermédiaire d’encadrement plus nombreux auprès des policiers et des policiers et des gendarmes sur le terrain », a-t-il argumenté.

Viennent ensuite les problèmes de « matériel » et des « images », a dit le ministre, en réaffirmant l’intérêt des caméras piétons, qui seront généralisées le 1er juillet, comme il l’avait annoncé.

Cinquième péché: « la question des inspections ». Le ministre a estimé que « si réforme » de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) il y a à faire, il faudrait « que les préconisations » de l’IGPN en matière de sanctions administratives soient suivies par le ministre.

Il a fait valoir que si l’IGPN était « aussi mauvaise » que certains le disent « le procureur de la République » de Paris « ne l’aurait pas saisie » de l’enquête sur les violences dont a été victime Michel Zecler.

Enfin, pour renforcer le lien entre la police et la population, le ministre a préconisé de porter à 30.000 le nombre de policiers membres de la « réserve », soit le même niveau que la réserve de la gendarmerie.

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