Le patron de la police judiciaire corse, dont le service est au coeur d’enquêtes de la police des polices sur la gestion d’un dossier de grand banditisme, a été muté et son habilitation d’officier de police judiciaire (OPJ) suspendue, a appris jeudi l’AFP de sources concordantes.
« En ce qui concerne M. (Lucien) Arleri, la procédure est terminée et la suspension de son habilitation OPJ pour un an lui a été notifiée », a déclaré à l’AFP le procureur général près la cour d’appel de Bastia Jean-Jacques Fagni qui a initié cette procédure disciplinaire.
Son adjointe Sophie Thomas, et le numéro 3 de la PJ corse Thierry Baures ont eux aussi été entendus « dans le cadre contradictoire », a ajouté M. Fagni: « La décision est en cours ».
Lucien Arleri a quitté ses fonctions en Corse et débuté le 1er décembre à son nouveau poste de chargé de mission à la Direction générale de la police nationale, a-t-on par ailleurs appris de sources proches du dossier.
Il a été remplacé dans l’Ile de Beauté par Thierry de Maria, qui était directeur régional de la PJ à Limoges depuis mai 2020, et qui doit prendre ses fonctions à Ajaccio « de façon imminente », ont précisé ces sources.
Depuis fin septembre, la PJ de Corse est en pleine tourmente: elle a été dessaisie de l’enquête sur la tentative d’assassinat de Guy Orsoni après que trois membres présumés de la bande criminelle du « Petit Bar » ont échappé à un coup de filet policier le 28 septembre à Ajaccio, du fait vraisemblablement de fuites.
Des problèmes de procédure ont également été constatés et concerneraient à la fois la PJ insulaire et l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) basé en région parisienne, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier.
L’un des cinq mis en examen dans cette affaire aurait ainsi pu passer un appel pendant sa garde à vue en utilisant le téléphone d’un policier de l’OCLCO, selon L’Obs.
Ecouté par la police judiciaire de Versailles qui enquêtait sur une autre affaire, cet appel a été signalé à la juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille qui supervise l’enquête Orsoni et a décidé de dessaisir la PJ.
Ces découvertes ont entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « violation du secret de l’enquête » et d’une enquête administrative de l’Inspection générale de la police nationale.
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