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Hénique exporte sa mue en grand bassin

Chrono qualificatif, plus record personnel abaissé d’une demi-seconde : Mélanie Hénique, révélée encore adolescente, puis longtemps cantonnée aux places d’honneur jusqu’en fin d’année dernière, a prouvé qu’elle a les ressources pour s’offrir un avenir olympique sur 50 m aux Championnats de France, samedi à Saint-Raphaël.

A dix jours de ses 28 ans, Hénique a frappé fort dès les séries matinales en bouclant l’aller simple en 24 sec 34. Mieux que les 24 sec 53 demandées pour prétendre empocher au plus vite son billet pour les Jeux de Tokyo, dès la fin de la première phase de qualification olympique fin mars prochain (à condition de rester la nageuse française la plus rapide sur la distance). Mieux aussi que le record de France établi en 2017 par Anna Santamans (23.54). Beaucoup mieux enfin – 52 centièmes précisément – que son record personnel porté sous les 25 sec en janvier (24.86).

Elle a confirmé sa nouvelle dimension en s’imposant en 24 sec 39 en finale.

« Après dix, douze ans de haut niveau, faire tomber une demi-seconde de son meilleur temps, c’est un moment exceptionnel, c’est vraiment impressionnant », salue son entraîneur Julien Jacquier.

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« Je suis très contente de ma nage, j’y prends goût, il n’y a plus de cassure, ça va au bout, se réjouit Hénique. C’est mon premier titre (national) sur 50 m, ça représente beaucoup, énormément de travail, de temps passé à réfléchir, comment passer un bras, comment mon corps est dans l’eau, comment faire pour progresser… »

– « De bon augure » –

« Tout s’est bien imbriqué aujourd’hui et ça donne ça. L’année des Jeux, c’est de bon augure », sourit-elle.

A sept mois des JO-2020 repoussés d’un an, c’est la concrétisation d’un long cheminement pour la sprinteuse picarde, qui a rejoint Marseille en décembre 2014.

Quand Hénique se distingue pour la première fois en équipe de France, en décrochant le bronze européen du 50 m papillon en 2010 à Budapest, elle n’a que dix-sept ans. Quand elle répète la performance à l’échelon mondial un an plus tard à Shanghai, seulement dix-huit.

A partir de là, elle devient une habituée des étés en Bleu pendant près de dix ans, à deux réserves près, et pas des moindres. Elle ne se qualifie pas pour les JO-2012, et ne doit sa place aux JO-2016 sur 50 m qu’à une sélection très élargie dans la confusion.

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Le problème ? Sa course de coeur, le 50 m papillon, n’est pas olympique, et Hénique doit impérativement élargir sa palette pour se donner les moyens de bien y figurer. Sa première option, le 100 m papillon, tombe à l’eau. C’est sa seconde, le 50 m, qui porte finalement ses fruits.

Sa mue intervient il y a un an, aux Championnats d’Europe en petit bassin à Glasgow. Précisément après un trou d’air connu au printemps 2019, quand elle a échoué à se qualifier pour les Mondiaux-2019 en grand bassin. Un « coup de couteau », selon Arnaud Rondan, un des entraîneurs marseillais.

– « Toxique » –

Dans le bassin écossais, Hénique s’offre sa première couronne internationale individuelle, sur 50 m papillon. Puis la médaille d’argent du 50 m, en améliorant son record personnel à chacune de ses trois courses.

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De sa non-qualification pour les Mondiaux de Gwangju, « ça a été un mal pour un bien », résume-t-elle à l’époque. « J’ai eu le temps d’aller chercher les outils de travail pour performer aujourd’hui et demain », notamment en termes de nutrition.

« Ma plus grosse qualité, c’est que j’arrive à me remettre en question, je transforme le négatif en positif. Après ma non-qualification, je me suis dit: +Qu’est-ce que tu peux améliorer ? » Et il y avait tellement de choses… », se souvient Hénique.

« Elle est heureuse maintenant de rechercher ça, alors qu’avant elle ne recherchait que la perf. C’était devenu toxique », complète Jacquier.

En exportant son essor en grand bassin, Hénique s’installe dans le top 15 des nageuses en activité sur 50 m. Dès Glasgow, elle ne se trompait pas de cible : « il n’y a que les JO qui comptent ».

Aurélie Muller, pas qualifiée en eau libre et qui ambitionne d’aller à Tokyo sur 1500 m, en est elle encore très loin, à plus de quarante secondes.

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