les sportifs français face à la question de la vaccination

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Les sportifs français devant se rendre aux JO de Tokyo (23 juillet-8 août) n’échappent pas au questionnement et au débat qui traversent le monde olympique ces derniers jours sur l’éventualité d’une obligation vaccinale pour pouvoir y participer, alors que les mutations du virus inquiètent.

Le dilemme ne traverse pas que les instances en haut lieu. Car si le CIO s’est emparé du sujet lors sa commission exécutive mercredi, la question de l’obligation vaccinale, que les autorités japonaises n’ont pas mise en place et que le CIO semble ne pas pouvoir imposer, est sur toutes les lèvres.

« Moi, ça me pose un problème éthique, je n’ai pas la sensation en tant qu’athlète d’être une personne vulnérable et du coup pas du tout l’impression qu’on doit être prioritaire, car c’est bien ça la question posée », estime Astrid Guyart, escrimeuse et membre de la commission des athlètes de haut niveau du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

Et c’est bien le débat que pose l’éventualité de l’obligation vaccinale: peut-on assumer de prioriser des sportifs pour des JO?

« Je suis partagée », reconnaît Mélina Robert-Michon, vice championne olympique à Rio au lancer du disque. « C’est l’occasion de montrer qu’il y a vraiment l’intention d’organiser les Jeux et ce qu’il est possible de mettre en place pour que cela se fasse. Mais est-ce qu’il y aura assez de vaccins ? Comment prioriser des athlètes par rapport à des personnes plus vulnérables? ».

– Pas question d’être prioritaires –

D’ailleurs, le point de vue du président du CNOSF, Denis Masseglia, a récemment évolué sur la question. Il y a quelques jours, interrogé par l’AFP, il assumait sa position de vacciner les sportifs avant les JO, suivant en cela les recommandations du CIO, en ces termes: « Oui, ça ferait passer les sportifs comme prioritaires, mais ils bénéficient déjà de dérogations pour leur permettre de s’entraîner, de jouer leurs compétitions ».

Un avis qui n’a apparemment pas fait l’unanimité auprès de certains sportifs. « On en a discuté avec lui », assure Astrid Guyart.

Et lundi, jour du congrès du CNOSF, Denis Masseglia avait du coup sensiblement infléchi sa ligne: « Pas question que les athlètes soient prioritaires », a-t-il dit, tout en espérant que « d’ici les Jeux (…) il y (ait) la possibilité de les faire vacciner sans que cela ne pénalise d’autres personnes ».

La position des sportifs ne semble toutefois pas tout à fait homogène, même si pour l’instant aucun d’entre eux n’a évoqué une ligne anti-vaccin stricte. Seul Jordan Sarrou, champion du monde de VTT 2020, a assumé ne pas vouloir « par choix personnel », se faire vacciner. « Je trouve qu’on manque de recul par rapport au vaccin. Mais, si on est obligé de le faire, si je n’ai pas le choix, je me ferai vacciner ». Un point de vue qui semble assez isolé.

« Il ne faut pas oublier qu’aux Jeux il y aura 10.000 athlètes qui se retrouveront dans un espace restreint, vont échanger, manger ensemble à la cantine. Je ne vois pas comment un événement comme les Jeux Olympiques pourrait se tenir normalement si les athlètes ne sont pas vaccinés », estime par exemple Quentin Bigot, vice-champion du monde 2019 du lancer de marteau.

Un argument repris par le sprinteur Chirstophe Lemaître, médaillé de bronze sur 200 m aux JO de Rio pour qui, des Jeux sans vaccin semblent « très compliqués ». « Si jamais il y a un cluster dans le village olympique, ça peut faire des dégâts », prévoit-il, assurant toutefois qu’il fallait prioriser les personnes à risque.

– « Vous allez galérer » –

« Si vous voulez jouer au plus malin et ne pas vous faire vacciner sur des fondements irrationnels, je vous souhaite de réussir vos Jeux Olympiques, mais vous allez galérer », prévoit Pascal Martinot-Lagarde, champion d’Europe et médaillé de bronze mondial du 110 m haies.

Idem pour le gymnaste Cyril Tommasone, 4e aux JO de Rio 2016 au cheval d’arçons, pour qui « la seule solution passe par le vaccin. » Pour Laurent Tillie, le sélectionneur de l’équipe de France de volley-ball, qui vit au Japon depuis plusieurs mois et entraîne le club d’Osaka, il s’agit même d’une « évidence ».

La question vaccinale en soulève également d’autres, comme le problème de l’équité entre les pays, car tous ne sont pas logés à la même enseigne, certains devant faire face à des retards de livraison.

Le Japon, comme d’autres pays, n’a par exemple pas commencé sa campagne, alors qu’en France un million de personnes ont déjà été vaccinées. « Cela veut dire que l’on ne sera peut-être pas tous sur un pied d’égalité », anticipe Mélina Robert-Michon.

« Mais la vraie question, ce sont les conditions des athlètes aux JO, sur place. Concrètement qu’est-ce qui va se passer pour les sportifs s’ils sont cas contact, ou positifs. C’est ça qu’attendent de savoir les athlètes », s’interroge Astrid Guyart.

En tout cas, Denis Masseglia a prévenu que, pour les non-vaccinés, les conditions seront « extrêmement difficiles ».

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