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l’Iran lance sa campagne de vaccination

La campagne de vaccination contre le Covid-19 a débuté mardi en Iran, pays du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie et où la situation sanitaire a été aggravée par le régime des sanctions américaines selon les autorités.

« Nous commençons la vaccination nationale contre le Covid-19 », a annoncé le président iranien Hassan Rohani, qui participait par visioconférence à la cérémonie organisée à l’occasion du lancement de la campagne dans un hôpital de Téhéran.

Dans l’hôpital Imam Khomeiny au coeur de la capitale, les premières doses du vaccin ont été administrées aux infirmiers et médecins, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les personnes vaccinées ont reçu ensuite une carte bleue indiquant le nom du vaccin russe Spoutnik V et la date de l’injection.

« Les êtres chers qui vont être vaccinés aujourd’hui sont des médecins et des infirmiers », a déclaré sur place le ministre de la Santé, Saïd Namaki.

Il a ajouté que « les personnes âgées de plus de 65 ans, et les personnes atteintes de maladies chroniques » seraient prioritaires pour les premières doses.

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Les premiers lots du vaccin russe sont arrivés jeudi à Téhéran, et deux autres sont attendus d’ici les 18 et 28 février respectivement, selon les responsables iraniens.

L’Iran a acheté au total « deux millions de doses » du vaccin russe, avait indiqué samedi à l’AFP Kianouche Jahanpour, porte-parole du ministère de la Santé.

Outre le vaccin Spoutnik V, l’Iran va recevoir de la part du groupe anglo-suédois AstraZeneca « en février 4,2 millions de doses de vaccin via Covax », un dispositif destiné à fournir des vaccins aux pays les plus défavorisés, selon le ministre de la Santé, Saïd Namaki.

– Double crise –

En Iran, le coronavirus a fait 58.625 morts parmi 1.481.396 cas confirmés depuis l’annonce des premières contaminations en février 2020, selon les autorités sanitaires. Le pays compte plus de 80 millions d’habitants.

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Depuis début janvier, le nombre de décès quotidiens lié au virus en Iran est repassé à moins de cent, pour la première fois en sept mois.

Néanmoins, la porte-parole du ministère de la Santé juge la situation « sensible et fragile », avertissant contre une « recrudescence » de la maladie en Iran « si les protocoles sanitaires n’étaient pas suivis ».

Outre la crise sanitaire, la République islamique fait face à une crise économique aggravée notamment par les sanctions américaines imposées à Téhéran depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien.

Les autorités iraniennes avaient indiqué depuis plusieurs semaines que ces sanctions les empêchaient de se procurer des vaccins.

En théorie, les médicaments sont exemptés des sanctions qui frappent particulièrement le secteur bancaire iranien mais, dans la réalité, les banques internationales ont tendance à refuser les transactions impliquant l’Iran pour éviter de s’exposer à d’éventuels litiges.

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– « Défenseurs de la Santé » –

Avant le début du programme de vaccination, le président Rohani a rendu hommage à « la mémoire des martyrs parmi les défenseurs de la santé », faisant allusion à des dizaines de personnels soignants ayant succombé dans la lutte contre la maladie virale en Iran.

En Iran, l’annonce de l’achat du vaccin russe a provoqué de vives réactions chez les internautes mais aussi de la part de certains responsables, politiques et sanitaires.

Mais la polémique s’est calmée après l’annonce de la publication ces derniers jours d’une analyse d’essais cliniques dans la revue scientifique The Lancet, indiquant que le vaccin russe était efficace à 91,6% contre les formes symptomatiques du Covid-19.

Mardi, une dose du vaccin russe a été administrée au fils du ministre iranien de la Santé, à la demande de son père, pour effacer « le controverse », a annoncé M. Namaki.

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