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accusée de gestion défaillante, la direction du Refuge démissionne

La fondation Le Refuge, qui héberge des personnes homosexuelles rejetées par leur famille, a annoncé le départ de ses dirigeants après la publication d’un audit au vitriol qui a confirmé la gestion erratique de cette association importante au sein de la communauté LGBT.

La fondation, qui a accompagné 474 jeunes en 2019, était au centre d’une polémique depuis décembre et des révélations de Mediapart qui reprochait à sa direction un fonctionnement quasi-sectaire et un management agressif.

Ce diagnostic a été confirmé par un audit indépendant publié jeudi, qui pointe des « dysfonctionnements structurels (…) imposant une réaction forte et urgente ».

Le conseil d’administration a aussitôt annoncé avoir « pris acte » de la démission du président de la fondation, Nicolas Noguier. Il avait créé l’association en 2003, qu’il dirigeait avec son compagnon Frédéric Gal, qui va également quitter ses fonctions de directeur général.

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« Les dysfonctionnements observés au sein de la Fondation Le Refuge sont graves », a réagi vendredi sur Twitter la ministre déléguée chargée de l’Egalité, Elisabeth Moreno, en insistant sur l' »exemplarité » imposée par sa mission et en prenant acte de cette démission.

Sollicité par l’AFP, M. Noguier n’a pas répondu immédiatement.

L’audit détaille sur 38 pages les dérives de cette « fondation en forte croissance », qui « occupe un positionnement unique dans le paysage associatif français », avec sa ligne d’urgence dédiée aux jeunes LGBT en rupture familiale et ses solutions d’hébergement dans une grande partie de la France.

Le document étrille notamment son « fonctionnement totalement artisanal », reposant sur « des communications informelles, des relations interpersonnelles et une concentration des prises de décisions sur quelques acteurs ».

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L’enquête de Mediapart dénonçait un « management par la terreur » envers salariés et bénévoles, qui se disaient « broyés », « usés » ou « humiliés » par une direction qu’il « faut aduler ». Selon plusieurs témoignages, M. Noguier se faisait appeler « papa » par les jeunes et aurait fréquemment donné des « câlins » et des « étreintes ».

L’audit relève lui « un climat de défiance et un mal-être au travail d’une partie significative des acteurs » de l’association: 52% des salariés interrogés « estiment que leur charge de travail n’est pas soutenable » et 60% « ne se disent pas heureux au travail ».

Il critique également la communication de l’association: plus d’un quart des jeunes interrogés « estiment que leur consentement n’est pas systématiquement demandé pour utiliser leur image sur les réseaux sociaux en particulier ».

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En réaction, le conseil d’administration du Refuge a notamment annoncé vouloir mutualiser sa ligne d’écoute avec d’autres associations LGBT, la nomination d’un médiateur et une nouvelle charte du droit à l’image au sein de l’organisation.

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