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Au Soudan, des réfugiés éthiopiens fêtent l’anniversaire du mouvement rebelle

Des Ethiopiens réfugiés au Soudan ont célébré pendant plusieurs jours l’anniversaire du mouvement des rebelles du Tigré, chassés l’année dernière de leur fief par le pouvoir fédéral dans des combats qui ont poussé à la fuite des dizaines de milliers de civils.

Dans leur camp d’Oum Raquba, dans l’est du Soudan, à 80 km de la frontière avec l’Ethiopie, les réfugiés ont marqué, malgré leurs maigres moyens, le 46e anniversaire du parti du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) célébré le 18 février.

Le TPLF, qui a régné en maître en Ethiopie pendant près de 30 ans jusqu’en 2018, organisait pour son anniversaire parades militaires et défilés à Addis Abeba et à Mekele, la capitale du Tigré, qui fut son fief dans le nord de l’Ethiopie.

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Cette année, après l’offensive meurtrière du pouvoir fédéral en novembre qui a chassé le parti du Tigré, les réfugiés, originaires du Tigré, ont accroché banderoles et drapeaux autour du camp d’Oum Raquba pendant les célébrations qui ont duré plusieurs jours jusqu’à vendredi.

« Nous organisons cette fête chaque année et nous continuerons à le faire n’importe quand et où que nous soyons », a déclaré l’un d’eux à l’AFP, Tesfalam Gabrmedhan.

Les réfugiés ont lancé des slogans contre le gouvernement fédéral et chanté des hymnes à la gloire du Tigré.

Plus de 60.000 Ethiopiens ont fui dans des camps insalubres au Soudan voisin après le déclenchement des combats entre le TPLF et le gouvernement d’Abiy Ahmed.

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« Nous voulons montrer au monde que les forces d’Abiy Ahmed ont tué nos maris, nous ont déplacés et ont volé notre argent », dit Ganat Kahfay, une réfugiée qui a perdu son époux dans les combats.

La guerre au Tigré a fait des milliers de morts, selon l’International Crisis Group. Le TPLF gouvernait cette région et contestait l’autorité fédérale.

Le Premier ministre éthiopien a revendiqué fin novembre la victoire sur les rebelles, mais les Nations unies affirment que les affrontements persistent au Tigré, région coupée d’internet depuis le début du conflit.

Le gouvernement fédéral a restreint l’accès au Tigré et peu de nouvelles de la situation sur place parviennent aux réfugiés, qui gardent l’espoir d’un retour.

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« Si Dieu le veut, nous retournerons au Tigré et le TPLF gagnera », espère Salamay Tesfay, un drapeau du Tigré peint sur le front.

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