Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi après-midi à Paris pour protester contre l’éventuelle dissolution du mouvement d’extrême droite radicale Génération identitaire, mesure réclamée de longue date par plusieurs associations mais dénoncée par le RN, a constaté une journaliste de l’AFP.
« La décision de dissoudre Génération identitaire ne tient pas la route. A aucun moment, ils n’ont violé la loi. C’est de la gesticulation politique », a déclaré à l’AFP Patrick Hays, vice-président de l’Institution Jean-Marie Le Pen en cours de création, sur la place Denfert-Rochereau, dans le 14e arrondissement.
M. Hays, qui représentait Jean-Marie Le Pen dans la manifestation, estime que « 2.000 personnes » étaient présentes sur la place, bouclée par les forces de police et un service d’ordre très visible.
Les chiffres de la Préfecture de police n’étaient pas disponibles à 17h30.
Autour de lui, des manifestants scandaient « On est chez nous ! », d’autres brandissaient des pancartes « Dissous car identitaire », alors que certains arboraient des casquettes avec le slogan « Make America Great Again », semblables à celles portées lors de la campagne de Donald Trump aux Etats-Unis.
A la tribune, dans leurs discours, les orateurs ont « remercié » entre autres le polémiste Eric « Zemmour de défendre nos idées », ainsi que l’ancienne députée FN, Marion Maréchal, pour son soutien.
« Au aucun moment, Génération Identitaire n’a violé la loi. C’est totalement illogique de les dissoudre et c’est un risque en terme de liberté d’expression », a dit Jean-Frédéric Poisson, qui avait participé à la primaire de la droite en 2017 et successeur de Christine Boutin à la tête d’un petit parti ultra-conservateur.
« Si Génération Identitaire est dissous, bah demain n’importe quel mouvement d’opposition pourra être dissous au bon vouloir du pouvoir. C’est extrêmement problématique ça s’appelle la tyrannie », a souligné Florian Philippot (les Patriotes), et ex-membre du RN.
Le RN, qui n’était pas officiellement représenté à la manifestation, avait dénoncé le 14 février, une décision « politique » et « une dangereuse atteinte aux libertés fondamentales ».
A la même heure, à moins d’un kilomètre de là, dans le quartier de Montparnasse, une centaine de manifestants étaient rassemblés à l’appel de l’Union syndicale Solidaires Paris notamment, avec pour mot d’ordre la « riposte antifasciste sociale ». Ce rassemblement avait été interdit par la préfecture de police au motif que le rassemblement a été déclaré « hors délai ».
Vers 14h30, la police a demandé aux manifestants de quitter la place, juste après que Jérôme Rodrigues, figure des « gilets jaunes » a été interpellé, selon une photographe de l’AFP.
Des militants « antifa » ont alors tenté de rejoindre le rassemblement de Génération Identitaire, provoquant sur place un bref moment de tension.
« C’est scandaleux d’avoir interdit un pauvre rassemblement pacifique comme le nôtre, il y a plus de forces de l’ordre que de manifestants alors que là-bas les néonazis manifestent tranquillement », a déclaré Karine, 36 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.
Créé en 2012, Génération identitaire, dont le siège historique est installé à Lyon, revendique 2.800 adhérents mais le nombre de ses militants et sympathisants est plutôt estimé par les spécialistes à 800 tout au plus.
Sa dissolution a été évoquée pour la première fois le 26 janvier par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui s’est dit « scandalisé » par une opération anti-migrants du groupuscule d’extrême droite dans les Pyrénées.
Le 13 février, M. Darmanin a annoncé avoir engagé la procédure de dissolution du groupe, donnant 10 jours à l’organisation pour faire valoir ses arguments.
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