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Un village lacustre au Bénin, nouvelle étape de la « chaîne humaine » de l’artiste Saype

Entre les pirogues qui naviguent autour des centaines de cabanes sur pilotis du lac de Nokoué, dans le sud-est du Bénin, une peinture géante prend forme sur un ilot de terre.

Depuis plus de trois heures, et malgré les 41 degrés, Saype, « land-artiste » français de renommée mondiale, travaille au pistolet à peinture pour transformer une aire de jeux de la cité lacustre de Ganvié en oeuvre d’art.

Au fil de ses incessants mouvements vers des sceaux à peinture, le gazon sur lequel il projette de la peinture se transforme.

Du vert, il vire au gris, puis au noir, et des formes apparaissent. Autour, pêcheurs, vendeuses de poissons et gamins du lac juchés sur des pilotis observent la scène avec un certain étonnement. Dans le ciel, un drone vole pour prendre des vidéos.

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« Personne ne sait encore ce que fait le monsieur », dit Sonagnon Dagbédji, le regard plongé sur le travail de l’artiste. A 33 ans, cet habitant a déjà vu des artistes peindre sur des toiles à la galerie de Ganvié. « Mais une peinture au sol, c’est la première fois de ma vie ».

La fresque n’est pas la seule attraction. L’artiste lui-même est objet de curiosité: « Voir un blanc venir dessiner des figures au sol à Ganvié est un évènement », dit Sokin Agodokpédji.

« On nous a dit que le meilleur était pour la fin, donc nous attendons », assure l’air enjoué un pêcheur âgé de 25 ans.

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Enfin, les habitants découvrent sur un petit écran les images prises par le drone: vues du ciel, les tâches de peintures prennent tout leur relief et dessinent en réalité deux mains entrelacées.

Cette œuvre fait partie d’un projet bien plus large, créer symboliquement « la plus grande chaine humaine au monde », explique l’artiste, de son vrai nom Guillaume Legros.

Parties du Champs de Mars à Paris, ces mains entrelacées sont passées par Andorre, Berlin, Genève, Ouagadougou, Yamoussoukro, Turin, Istanbul et Cape Town avant le Bénin, dixième étape.

« C’est un symbole d’entraide et de bienveillance entre les peuples pour essayer de créer des ponts », soutient l’artiste.

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