Le rapport sur le Rwanda remis vendredi à Emmanuel Macron démontre la responsabilité des élites qui n’ont pas vu venir le génocide en 1994, affirme à l’AFP le député LREM Hervé Berville, mais il n’y a pas, selon lui, de « complicité » de la France.
Lui-même orphelin tutsi, il a été le « représentant personnel » d’Emmanuel Macron en 2019 à la 25e commémoration du génocide rwandais à Kigali et espère retourner fin avril-début mai au Rwanda avec Emmanuel Macron.
La politique de la France au Rwanda entre 1990 et 1994, menée par François Mitterrand et son entourage « aveuglés idéologiquement », a été une « faillite » et elle porte des responsabilités « accablantes » dans le génocide des Tutsi, selon un rapport cinglant d’historiens remis vendredi au président.
Ce document, dit M. Berville, qui a rencontré les historiens auteurs du rapport, « montre bien la cécité et les biais intellectuels et politiques d’une partie des élites françaises de l’époque, qui n’ont pas vu venir ce génocide ».
Mais « il y a un pas entre la responsabilité politique et la complicité de crime de génocide. A aucun moment les politiques français n’ont eu l’intention de participer au génocide ou le stimuler », défend le député.
« Les premiers responsables du génocide, ce sont deux qui ont pris les machettes et sont allés tuer notamment la moitié de ma famille », déclare M. Berville, qui a été adopté par une famille bretonne en 1994.
« Emmanuel Macron a voulu éclairer cette période » et les 14 historiens emmenés par Vincent Duclert « ont travaillé en toute indépendance », a salué le parlementaire, qui souligne que presque toutes les archives ont pu être exploitées. Celles « moins importantes » de l’Assemblée nationale n’ont pas été accessibles, d’après M. Berville.
Ce rapport est « un aboutissement et va aussi permettre d’écrire une nouvelle page avec le Rwanda et l’Afrique », d’après cet élu des Côtes d’Armor.
GIPHY App Key not set. Please check settings