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Augusta retrouve son printemps et son public, Johnson défend son titre

Cinq mois après son sacre sous les feuilles d’automne, le N.1 mondial Dustin Johnson remet jeudi sa veste verte en jeu à Augusta, où le Masters renouera avec une relative normalité pour sa 85e édition, sous floraisons printanières, en présence d’un public restreint.

Les organisateurs n’ont pas dit combien de spectateurs sont attendus, mais les médias américains avancent le nombre d’environ 12.000 par jour, loin certes des 40.000 à 50.000 habituellement.

Dans ces conditions, Johnson peut-il réaliser un « back-to-back » comme seuls Jack Nicklaus (1965-66), Nick Faldo (1990-91) et Tiger Woods (2001-02) l’ont fait ? Certainement, tant le patron du circuit a dominé l’année 2020 avec trois autres titres, dont le Tour Championship.

« Quand je joue mon meilleur golf, je sens que je peux battre n’importe quel adversaire », a affirmé cette semaine celui qui a aussi remporté le Saudi International en février, assurant « ne pas (se) sentir lésé » du fait qu’il n’aura conservé sa veste verte que cinq mois au lieu d’un an.

« Cela ne m’aurait pas dérangé même si je ne l’avais eue qu’une journée. Je n’en suis que plus confiant », a assuré « DJ ».

Il faut dire qu’en novembre dernier, sur un parcours ramolli par la pluie, il avait survolé les débats, rendant une carte finale record de -20. Cette fois, Johnson s’attend à « un Masters normal, sur un parcours assez ferme et rapide, immaculé, impeccable ».

– Meute de chasseurs –

Si Tiger Woods, quintuple lauréat de l’épreuve, sera évidemment le grand absent absent, un mois et demi après son grave accident de voiture, une meute de chasseurs se dresse derrière le favori.

A commencer par Bryson DeChambeau, dont la puissance de frappe lui a permis de remporter l’US Open l’an passé. Dans la foulée, une confirmation était attendue à Augusta, mais « le stress, les projecteurs et tout le reste ont eu raison de moi », a-t-il concédé. « Le reste » se traduisant par des vertiges et des troubles gastriques.

Le N.5 mondial qui s’était soumis à un régime surprotéiné pendant le confinement et avait pris 20 kg, en a perdu cinq depuis. « Et je frappe beaucoup plus loin qu’en novembre. Il y a donc certains endroits différents que je vais viser sur le parcours. »

Autre prétendant, Justin Thomas, lauréat du Championnat PGA 2017, dont le début d’année est en montagnes russes, avec la polémique d’une insulte homophobe prononcée en janvier qui lui a valu de perdre un de ses gros sponsors et le décès d’un de son grand-père ensuite.

« Cela m’a beaucoup pesé mentalement. J’ai dû surmonter », a confié le N.2 mondial, 4e du Masters en novembre et qui est sur une autre dynamique depuis sa victoire mi-mars au Players championship, considéré comme le 5e Majeur.

– Ambitieux Européens –

Le timing pourrait être aussi le bon pour Jordan Spieth, qui a décroché dimanche le 11e titre de sa carrière à l’Open du Texas, son premier depuis le British Open 2017. A 27 ans, l’ancien prodige américain, également vainqueur du Masters et de l’US Open en 2015, semble sortir de sa traversée du désert au meilleur moment.

Pour Brooks Koepka, quadruple lauréat en Grands Chelems (US Open 2017 et 2018, USPGA 2018 et 2019) et deuxième du Masters en 2019 derrière Tiger Woods, participer est déjà une victoire, car il sort d’une opération du genou droit subie le 16 mars. « Je sens que je peux gagner, a-t-il néanmoins prévenu. A partir de là, il s’agit de tenir les quatre jours. Mais je ne suis pas venu ici pour finir deuxième. »

Restent les ambitieux Européens, emmenés par le Nord-Irlandais Rory McIlroy en quête du seul Majeur manquant à sa collection, de l’Espagnol Jon Rahm (N.3 mondial), bien présent malgré la naissance de son fils dimanche, et enfin de Victor Perez, qui a surpris le plateau il y a deux week-ends en finissant dans le dernier carré du Championnat du monde de match-play à Austin.

Seul représentant tricolore, le Tarbais, 29e joueur mondial, a confié « avoir vraiment gagné en confiance » avec ce résultat et la 18e place juste avant au Players Championship, et « vouloir continuer à surfer sur cette vague ».

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