Les conservateurs allemands vont encore tenter lundi soir de mettre fin à leur guerre des chefs, qui fait craindre dans leurs rangs une « polarisation » à l’américaine, et trouver un candidat à la succession d’Angela Merkel.
Le président du parti chrétien-démocrate CDU et candidat potentiel à la chancellerie, Armin Laschet, a convoqué une réunion du comité exécutif de son parti lundi à partir de 18h pour tenter de trouver une solution, a-t-il annoncé à la mi-journée lors d’un point-presse.
« J’espère que nous en viendrons très rapidement cette semaine aux décisions nécessaires », a ajouté M. Laschet.
Son rival dans la course à la succession de Mme Merkel, le ministre-président bavarois, Markus Söder, y est également convié mais il a décliné l’invitation lors d’une conférence de presse.
La CDU doit « décider seule où et comment » le choix sera fait, a estimé le ministre-président de Bavière, toujours déterminé à devenir le premier Bavarois élu à la chancellerie.
« Je suis prêt à prendre des responsabilités et à me mettre à 100% au service de ce pays et du peuple si et seulement si une large majorité de la CDU le veut et le soutient », a répété M. Söder.
Il a assuré qu’il « respecterait » une éventuelle décision du comité exécutif de la CDU. Le dirigeant de la CSU a toutefois souligné qu’à ses yeux, la CDU ne se réduisait pas à sa seule direction, favorable à M. Laschet, mais comportait aussi le groupe parlementaire et la « base » du parti, dont il espère un vote en sa faveur.
Alors que les Verts, deuxièmes dans les sondages derrière les conservateurs, ont désigné lundi leur candidate, Annalena Baerbock, la CDU-CSU continue de se déchirer entre partisans du mal-aimé Armin Laschet et du populaire Bavarois Markus Söder.
« Je félicite Annalena Baerbock pour cette élection et je peux lui assurer que la CDU se réjouit d’une campagne électorale juste », a déclaré M. Laschet.
« (…) Nous devons être particulièrement justes en ces temps de pandémie où les gens attendent des politiciens qu’ils échangent des arguments entre eux de manière équitable », a ajouté le président de la CDU, à la traîne dans les sondages mais déterminé à porter les couleurs conservatrices le 26 septembre.
Et M. Laschet de mettre en garde contre une « polarisation » façon Donald Trump.
« Nous savons, grâce aux États-Unis, ce que signifie mener des campagnes électorales polarisées, et nous savons aussi après une décision démocratique combien de temps il faut pour qu’un nouveau président puisse réconcilier le pays », a fait valoir M. Laschet, dans une attaque voilée contre M. Söder, qui revendique le soutien de la base des militants face aux cadres du parti CDU.
« Nous devrions nous épargner cela en Allemagne. Nous devons nous traiter avec respect entre démocrates », a ajouté M. Laschet.
Les conservateurs ont tenté, en vain, tout le week-end de mettre fin au choc des ambitions entre les deux hommes, qui fait craindre dans leurs rangs une défaite en septembre.
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