en Ecosse, une majorité indépendantiste reste en suspens

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Les espoirs des indépendantistes écossais de décrocher une majorité absolue au Parlement local et de faire du même coup avancer la cause d’un nouveau référendum d’autodétermination restent en suspens samedi, deux jours après l’élection, malgré des circonscriptions arrachées à l’opposition.

Ce « Super jeudi » d’élections locales au Royaume-Uni, dont les résultats parviennent au goutte-à-goutte, teste la popularité du Parti conservateur de Boris Johnson, et l’unité du Royaume-Uni. Les nationalistes écossais entendent obtenir la plus large victoire possible pour contraindre le chef du gouvernement britannique à accepter une nouvelle consultation sur l’indépendance de l’Ecosse.

Les résultats annoncés vendredi en Angleterre ont été de bon augure pour les conservateurs, qui ont gagné du terrain et même conquis le bastion travailliste d’Hartlepool (nord-est), qui avait toujours voté Labour en près de 50 ans.

Prolongeant la poussée des « tories » de 2019 dans le « mur rouge » travailliste, ces régions du Nord de l’Angleterre affectées par la désindustrialisation et favorables au Brexit, cette victoire a conforté le Premier ministre malgré une série de scandales ayant mis en exergue les liens très proches entre pouvoir et intérêts privés.

En Ecosse, en revanche, les Tories sont loin d’être en position de force et la Première ministre Nicola Sturgeon, cheffe de file des indépendantistes du SNP, est populaire.

Energique tout en gardant son sang-froid, la dirigeante de 50 ans a réussi à rassurer les Ecossais pendant la pandémie. Elle a été confortablement réélue dans sa circonscription de Glasgow southside, avec 60,2% des voix.

Selon les premiers résultats annoncés vendredi, son parti a conforté son assise dans de nombreuses circonscriptions et ravi aux conservateurs deux circonscriptions clés, celle d’Edimbourg central et celle d’Ayr (ouest). Le SNP a aussi gagné la circonscription d’East Lothian, près d’Edimbourg, au détriment du Labour.

Mais il lui faudrait d’autres conquêtes pour atteindre son objectif de 65 sièges.

– « Montagne à gravir » –

John Curtice, expert en matière d’élections, a déclaré à la BBC qu’il était désormais improbable mais pas impossible que le SNP atteigne une majorité absolue au parlement local d’Holyrood.

« Le SNP sera de loin le plus grand parti du Parlement écossais, et la question de savoir si nous aurons une majorité absolue, ce qui a toujours représenté une montagne très, très difficile à gravir pour nous, sera déterminée par les résultats annoncés aujourd’hui », a déclaré samedi à la BBC le vice Premier ministre écossais, John Swinney.

Il a toutefois prédit qu’il y aurait une majorité de députés « qui se sont engagés à organiser un référendum sur l’indépendance sur l’avenir de l’Écosse », rappelant que cela figure également au programme des Verts.

Boris Johnson, qui a le dernier mot pour autoriser ou non ce référendum, s’y oppose fermement, estimant qu’une telle consultation ne peut se produire « qu’une fois par génération ». Lors du référendum de 2014, 55% des électeurs avaient choisi le maintien au sein du Royaume-Uni.

Les partisans d’un nouveau référendum soulignent toutefois que le Brexit, auquel les Ecossais étaient opposés à 62%, a changé la donne.

« Je pense qu’un référendum dans le contexte actuel est irresponsable et imprudent », a répété Boris Johnson au quotidien the Telegraph.

Nicola Sturgeon joue la carte de la prudence, s’engageant à organiser un référendum « le temps voulu », une fois la crise sanitaire surmontée.

De son côté, le Labour est en plein désarroi après la défaite cinglante d’Hartlepool qui a laissé le chef du parti Keir Starmer « amérement déçu ». Appelé à une remise en question, il a promis qu’il ferait « tout ce qui est possible » pour regagner la confiance des électeurs.

La travailliste Joanne Anderson, 47 ans, a été élue maire de Liverpool (nord de l’Angleterre), devenant la première femme noire élue à la tête d’une grande ville britannique, ce dont elle s’est dit « fière ».

A Londres, le travailliste Sadiq Khan, devenu en 2016 le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale, est donné favori pour un deuxième mandat face à son principal adversaire, le conservateur Shaun Bailey, mais les résultats attendus samedi soir s’annoncent plus serrés que prévu.

Au Pays de Galles, le Premier ministre Mark Drakeford, chef des travaillistes gallois, a été réélu à Cardiff West, par plus de 10.000 voix. Il s’est dit ravi que son parti ait « dépassé les attentes » en conservant ses bastions dans le nord.

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