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Derrière le soutien de Biden à Israël, des nouvelles voix critiques s’élèvent

Face aux violents affrontements entre le Hamas et Israël, Joe Biden maintient le soutien traditionnel des Américains au droit de l’Etat hébreu « à se défendre ». Mais derrière lui, le front des démocrates se fissure au Congrès.

Si le président américain a rompu avec bien des politiques de son prédécesseur Donald Trump, une position reste constante, administration après administration: les Etats-Unis ne critiquent pas publiquement Israël, préférant oeuvrer en coulisses pour mettre fin à la violence.

Quitte à provoquer l’incompréhension de ses alliés traditionnels, comme lundi avec leur troisième refus, en une semaine, de signer une déclaration conjointe du Conseil de sécurité appelant à cesser les violences et à protéger les civils.

Une grande majorité des Américains juifs se disent démocrates et le parti a traditionnellement soutenu Israël, hormis quelques rares voix critiques.

Mais après une semaine noire qui a fait plus de 200 morts, en quasi-totalité des Palestiniens, de puissants membres du parti se font désormais entendre.

« Cela se passe avec le soutien des Etats-Unis », a dénoncé samedi la jeune parlementaire progressiste Alexandria Ocasio-Cortez, en tweetant la vidéo de la frappe ayant pulvérisé l’immeuble qui abritait à Gaza les locaux de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera et de l’agence de presse américaine Associated Press.

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L’élue de la Chambre des représentants a dans la foulée dénoncé un « apartheid » israélien, un terme qui indigne Israël mais a été récemment employé par l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) pour qualifier la politique d’Israël à l’égard des Arabes sur son sol et des Palestiniens dans les Territoires occupés.

– « Les vies palestiniennes comptent » –

« Les vies palestiniennes comptent », a de son côté lancé le sénateur indépendant Bernie Sanders, dans un appel qui fait écho au désormais célèbre « Black Lives Matter » scandé à travers les Etats-Unis pour dénoncer les violences policières contre les Afro-américains.

« Nous devons reconnaître que les droits des Palestiniens comptent », a-t-il martelé dans les pages du New York Times, en exhortant Joe Biden a adopter une « nouvelle approche », qui reconnaîtrait qu' »Israël a le droit absolu de vivre en paix et en sécurité, mais les Palestiniens aussi ».

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Et dimanche, il a brandi une menace longtemps taboue à Washington, en évoquant la possible suspension des près de quatre milliards de dollars d’aide militaire versés chaque année à Israël: « Il est illégal pour les Etats-Unis de soutenir des violations des droits humains ».

Dans une évolution remarquée, même des sénateurs démocrates plus au centre ont appelé, dans une déclaration commune, à un « cessez-le-feu immédiat », tandis que le sénateur Robert Menendez, président de la puissante commission des Affaires étrangères et perçu comme un soutien d’Israël, s’est dit samedi « profondément préoccupé » par les frappes israéliennes.

Les républicains eux restent unis dans leur soutien au gouvernement de Benjamin Netanyahu, certains allant même jusqu’à qualifier les démocrates critiques, dont Alexandria Ocasio-Cortez, de « pro-terroristes ».

Si le soutien à l’Etat hébreu reste fort aux Etats-Unis, notamment chez les chrétiens évangéliques qui justifient leur appui par des raisons bibliques, les mentalités évoluent toutefois.

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Un sondage annuel de l’institut Gallup mené en février montrait que les opinions favorables concernant Israël restaient très hautes, à 75% des sondés, mais aussi que l’appui pour les Palestiniens avaient atteint un niveau record depuis 2001, à 25%.

Pour Logan Bayroff de J Street, une organisation progressiste juive américaine, de plus en plus de démocrates voient dans les actions israéliennes, y compris les expulsions de familles palestiniennes au profit de colons juifs, la source de la crise actuelle.

« On perçoit une volonté croissante, à travers le parti démocrate, de critiquer non seulement les roquettes du Hamas (…) mais aussi les politiques du gouvernement israélien », explique-t-il à l’ AFP.

« Cela représente un contraste assez frappant avec l’administration Biden qui malheureusement semble avoir une autre lecture qui n’est franchement pas satisfaisante compte tenu de la sévérité de la crise. »

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