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le procès en appel de Willy Bardon s’est ouvert à Douai

Le procès en appel de Willy Bardon, condamné en décembre 2019 à trente ans de réclusion criminelle pour l’enlèvement, le viol et la mort d’Elodie Kulik en 2002, s’est ouvert lundi après-midi devant la cour d’assises de Douai.

« Enfin! Willy Bardon est malheureux depuis sept ans, moi ça va faire vingt ans », s’est ému à l’entrée du tribunal le père de la victime, Jacky Kulik, brandissant un large portrait de sa fille. « J’espère qu’il aura au minimum la même (peine), voire davantage », a-t-il ajouté.

Dès le début de l’audience, la défense a demandé un renvoi, arguant que les trois avocats de l’accusé seraient dans l’impossibilité d’assister ensemble à la totalité des trois semaines de débats, appelés à plaider ailleurs.

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Mais la Cour a décidé du maintien, compte tenu notamment des « nombreux » renvois de dossiers intervenus depuis le début de la crise sanitaire, et de « l’impérieuse nécessité » de juger M. Bardon « dans un délai raisonnable ».

L’affaire avait été marquée, en première instance à Amiens, par la tentative de suicide de M. Bardon quelques secondes après l’énoncé du verdict.

Le quadragénaire, reconnu coupable de viol, enlèvement et séquestration suivis de mort, mais acquitté du chef de « meurtre », avait ingurgité un pesticide. Placé en réanimation, il avait passé plusieurs jours à l’hôpital avant de faire appel, clamant toujours son innocence.

Le 11 janvier 2002, Elodie Kulik, 24 ans et directrice d’une agence bancaire, était retrouvée étranglée, dénudée et partiellement calcinée à Tertry (Somme), à six kilomètres de sa voiture accidentée en bordure d’une départementale.

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Avant de mourir, elle avait appelé les secours, un enregistrement glaçant de 26 secondes considéré comme la pièce maîtresse du dossier, où ses hurlements se mêlent à au moins deux voix d’hommes.

L’enquête avait piétiné pendant dix ans avant qu’une nouvelle technique d’analyse ADN permette d’identifier un auteur présumé, Grégory Wiart. Mais cet homme, dont le sperme se trouvait sur la scène de crime, est décédé en 2003.

La justice s’était alors tournée vers son cercle d’amis. D’abord auditionné comme témoin, Willy Bardon, ancien plombier et tenancier de bar, est placé en garde à vue en 2013 avec sept proches. Plusieurs d’entre eux assurent alors reconnaître sa voix dans l’enregistrement de l’appel aux secours. Six proches le confirmeront lors du premier procès.

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Willy Bardon a toujours nié les faits comme sa présence sur les lieux. Son ADN n’a été retrouvé sur aucun des scellés.

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