Joseph Lambert a été élu par le sénat du pays vendredi pour succéder par intérim au président assassiné d’Haïti Jovenel Moise.
« J’exprime mon humble gratitude aux institutions politiques qui me soutiennent », a écrit Lambert vendredi soir sur Twitter.
Il a dit vouloir ouvrir la voie à une transition démocratique du pouvoir.
Des élections présidentielles et législatives sont prévues en septembre en Haïti.
Cependant, le Sénat – la chambre haute du parlement haïtien – n’a pas atteint le quorum depuis janvier 2020. Il était donc initialement difficile de savoir si Lambert serait réellement en mesure de prendre ses fonctions.
Parce qu’une élection générale prévue pour octobre 2019 a été annulée, en partie à cause de violentes manifestations contre Moise, il n’y a que 10 des 30 sénateurs dont le mandat n’a pas expiré.
Il n’y a plus personne à la chambre basse, la Chambre des députés.
Huit des 10 sénateurs ont voté pour Lambert et deux se sont abstenus, selon les médias.
Il y a également eu une confusion considérable sur le rôle du Premier ministre par intérim à la suite de l’assassinat choc au domicile de Moise.
Ce devait être le neurochirurgien Ariel Henry, que Moise avait nommé à ce poste lundi.
La cérémonie de prestation de serment d’Henry, prévue mercredi, a toutefois été annulée après le meurtre.
Claude Joseph, le ministre des Affaires étrangères et ancien Premier ministre par intérim qui devait être remplacé par Henry, s’est déclaré chef du gouvernement par intérim.
À ce titre, il a prononcé des discours devant la nation, signé des décrets et s’est entretenu avec des représentants de gouvernements étrangers ces derniers jours.
Moise a été attaqué et abattu à sa résidence mercredi soir. Son épouse Martine a été grièvement blessée. Elle est soignée aux États-Unis
Selon la police haïtienne, 28 mercenaires étrangers ont commis le meurtre : 26 Colombiens et deux Américains d’origine haïtienne.
Jusqu’à présent, 20 suspects ont été arrêtés et trois tués. L’arrière-plan sur le crime est encore trouble.
Moise, en poste depuis 2017, était extrêmement impopulaire. Il a été accusé de corruption, de liens avec des gangs brutaux et de tendances autocratiques.
Les partis d’opposition avaient déjà nommé un juge de la Cour suprême comme président par intérim en février car, à leur avis, le mandat de Moise était expiré.
Les manifestations ont paralysé à plusieurs reprises Haïti au cours des trois dernières années. Plus récemment, des combats sanglants entre gangs pour le contrôle de certaines parties de la capitale ont poussé des milliers de personnes à fuir.
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