Les élections en Somalie sont « retardées », a déclaré un porte-parole du gouvernement fédéral, Mohamed Ibrahim Moalimu, sans fournir de détails.
Les élections devaient commencer dimanche après des mois de crise politique dans ce pays profondément instable de la Corne de l’Afrique, ont indiqué des responsables à l’Agence France-Presse (AFP).
Les scrutins parlementaires et présidentiels indirects devaient s’ouvrir le 25 juillet avec quatre jours de vote pour la chambre haute par les délégués des États. Le cycle électoral devait se terminer par un scrutin présidentiel le 10 octobre.
« Même si le plan prévoyait le début des élections à la chambre haute dans les différents États aujourd’hui, il y a un retard, les élections pourraient ne pas avoir lieu comme prévu », a déclaré à l’AFP un membre de la commission électorale sous couvert d’anonymat.
Le retard était dû au fait que les régions fédérales n’étaient pas en mesure de soumettre les listes de candidats à temps, ni de former des comités locaux pour voter, a ajouté la source.
La semaine dernière, le groupe terroriste al-Shabab du pays a mis en garde les politiciens contre la participation aux élections, qui devaient démarrer après des mois d’impasse et de retards.
La menace, dans un message audio prétendument enregistré par le chef d’al-Shabab, Ahmed Umar Abu Ubaidah, souligne les défis sécuritaires auxquels est confronté le processus électoral dans le pays.
Le groupe lié à al-Qaida se bat pour renverser le gouvernement fédéral depuis 2007 et attaque fréquemment des cibles gouvernementales, sécuritaires et civiles.
La Somalie a été plongée dans une crise constitutionnelle sans précédent au début de cette année lorsque le président Mohamed Abdullahi Mohamed et les dirigeants des cinq États somaliens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les termes d’un vote avant l’expiration de son mandat en février.
Après des mois d’impasse parfois violentes, les dirigeants politiques se sont finalement mis d’accord le mois dernier sur un calendrier de vote.
Selon le plan convenu, les délégués des cinq États fédéraux, choisis par divers clans dans cet État, élisent des parlementaires, qui élisent ensuite un président. Le processus devait démarrer dimanche.
Mais selon plusieurs sources qui se sont confiées à l’AFP, le seul Etat capable de procéder à un vote « au cours de la semaine » était le Jubaland. Selon une source, l’Etat a déjà choisi son comité délégué et pourrait publier une liste de candidats « dans la semaine ».
« Nous nous attendons à ce que les élections aient lieu bientôt », a déclaré Mohamed Adan, un haut responsable du gouvernement du Jubaland. Une autre source a déclaré que le processus électoral pourrait démarrer dans l’État plus tard dimanche.
Dans l’Etat du Puntland, des sources ont indiqué à l’AFP que les élections avaient été retardées pour des « raisons techniques ». Dans l’État de Galmudug, le parlement local est en pause et se réunira à nouveau début août.
Dans l’Etat du Sud-Ouest, le processus est bloqué car le président régional est à l’étranger.
L’impasse explose en violence
L’impasse politique de la Somalie a explosé en violence en avril lorsque les négociations ont échoué et que la chambre basse a prolongé de deux ans le mandat du président, déclenchant des fusillades dans les rues de Mogadiscio.
Sous la pression, le président, communément appelé Farmajo, a annulé la prolongation et a ordonné à son Premier ministre de se réunir à nouveau avec les chefs d’État pour tracer une nouvelle feuille de route vers les élections.
Les bulletins de vote suivent un modèle indirect complexe selon lequel des délégués spéciaux choisis par la myriade d’anciens des clans du pays choisissent les législateurs, qui à leur tour choisissent le président.
Les dirigeants successifs ont promis un vote direct, mais les luttes politiques internes, les problèmes logistiques et l’insurrection d’Al-Shabaab ont empêché un tel exercice.
Le vote à la chambre haute sera suivi des élections à la chambre basse du 12 septembre au 12 octobre. 2, selon un calendrier mis à jour publié la semaine dernière.
Selon un communiqué publié en juin, les deux assemblées devaient se réunir pour voter pour le président le 10 octobre, mais aucune date pour cette élection n’a été donnée dans le calendrier mis à jour.
La Somalie n’a pas organisé d’élection directe à une personne et une voix depuis 1969, année où le dictateur Siad Barre a mené un coup d’État et a régné pendant deux décennies.
Le régime militaire de Barre s’est effondré en 1991 et la Somalie a sombré dans l’anarchie.
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