in

Un meuble fabriqué par Emmaüs Atelier entre au Mobilier national de France

« On est un peu des ovnis dans cet univers »: fabriqué par l’Atelier Emmaüs, un meuble de rangement, conçu à partir de matériau ré-employé, fait son entrée dans la collection du prestigieux Mobilier national de France, une première.

Baptisé « Henri » – en hommage à Henri Grouès, alias l’Abbé Pierre, fondateur du mouvement – ce meuble d’une cinquantaine de centimètres de hauteur a été fabriqué à partir d’anciens bureaux d’écoliers en bois d’un collège, d’un vieux tableau en ardoise et de rebuts de bois.

Avec 51 autres pièces, cette édition spéciale a été sélectionnée début octobre pour « meubler les plus hautes institutions de la République », selon le Mobilier national qui conserve plus 130.000 objets mobiliers ou textiles, les plus anciens datant d’avant la Révolution française.

A Lire aussi  Après la vie sous l'EI, une Ukrainienne rêve d'un nouveau départ

« Henri » a été conçu par la designeuse Lisa Lejeune, après un appel à projet lancé en 2018 par l’organisme Eco-Mobilier, chargé par l’Etat de gérer « la collecte, le tri, le recyclage et la valorisation énergétique de tous les meubles usagés pour en favoriser le réemploi ».

« Il y a un marché pour des pièces uniques, en petite série, avec un vrai travail de design, produits avec des matériaux ayant déjà eu une vie », explique à l’AFP Eric Weisman-Morel, d’Eco-Mobilier. « Ce qui nous intéresse, c’est de faire progresser cette chaîne du réemploi vers une valeur ajoutée du produit plus grande ». Eco-Mobilier a ainsi soutenu l’Atelier Emmaüs à hauteur de 40.000 euros (prototypage, matériel…).

A Lire aussi  Ardèche: réveillon saumâtre au Teil, 40 jours après le séisme

Pour le directeur d’Atelier Emmaüs, Guillaume Poignon, cette distinction montre que « l’artisanat soigné et le design sont à portée des personnes qu’on accueille ». Les meubles ont en effet été produits au siège d’Atelier Emmaüs à Villeurbanne (sud-ouest) « par des personnes à parcours cassés », très éloignées de l’emploi, « en binôme avec des ébénistes professionnels » lors de sessions d’initiation de 30 journées.

Avec l’entrée au Mobilier national, c’est aussi « l’estime de soi qui repart », affirme à l’AFP ce responsable, conscient qu’Emmaüs « est un ovni dans cet univers » du mobilier de prestige.

« Henri » a « suscité l’enthousiasme du jury par son design contemporain et sa conception vertueuse », souligne Hervé Lemoine, directeur du Mobilier national. Car l’initiation à la menuiserie d’artisans apprentis pour la création d’un meuble anti-gaspillage répond aux « préoccupations du Mobilier national: transmission des savoir-faire et inscription dans une démarche éco-responsable ».

A Lire aussi  Essonne. Après avoir perdu trois médecins, cette ville acquiert une cabine de téléconsultation

Le modèle de cette pièce unique fait partie d’une gamme commercialisée par Atelier Emmaüs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

mobilisation pacifique contre le pass sanitaire au travail

Un député conservateur britannique poignardé à plusieurs reprises