un ex-soldat meurt pendant son procès pour la mort d’un civil

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Un ancien soldat britannique poursuivi pour la mort d’un homme vulnérable tué en 1974 pendant le conflit nord-irlandais est décédé lundi, a annoncé une association d’anciens combattants, alors que se déroulait son procès.

Dennis Hutchings, 80 ans, était jugé par le tribunal de Belfast pour le meurtre en 1974 de John Pat Cunningham, un homme de 27 ans présentant de lourdes difficultés d’apprentissage, tué par une patrouille de soldats dans le comté rural de Tyrone pendant les « Troubles » d’Irlande du Nord.

Le procès avait été ajourné lundi après que M. Hutchings, qui souffrait déjà d’une grave maladie rénale, eut contracté le Covid-19.

Dans la soirée, le Northern Ireland Veteran’s Movement (NIVM) a annoncé sur Twitter la mort de l’ancien soldat à l’hôpital Mater Infirmorum de Belfast.

Le cas de M. Hutchings a suscité de nombreuses controverses, soulignant l’héritage très chargé de l’intervention militaire britannique en Irlande du Nord.

Le député britannique Jeffrey Donaldson, chef du Parti démocratique unioniste d’Irlande du Nord (DUP), a fustigé que Hutchings ait été « traîné devant un tribunal et traqué jusqu’à sa mort ».

« C’était un ancien combattant de 80 ans, en mauvaise santé, sous dialyse et il n’y avait pas de nouvelles preuves convaincantes », a-t-il dénoncé dans une déclaration, avant de demander dans quelle mesure se procès était « considéré comme d’intérêt public ».

Le procès de Hutchings, ouvert deux semaines auparavant, ne se tenait que trois jours par semaine pour permettre au prévenu de suivre une dialyse entre les audiences.

Deux ou trois balles, sur les cinq tirées, avaient touché la victime. Mais en l’absence à l’époque de preuves balistiques, il est impossible de déterminer qui avait tiré quels coups de feu, si bien qu’Hutchings est accusé de tentative de meurtre et non de meurtre.

Près de 3.500 personnes ont été tuées pendant les « Troubles » entre les nationalistes pro-Irlande et les unionistes pro-Royaume-Uni.

L’armée britannique, déployée pendant 38 ans, a souvent été considérée comme responsable des épisodes les plus sanglants du conflit.

Les poursuites pour les morts de personnes aux mains de l’armée reste un sujet politiquement sensible en Irlande du Nord et en Grande-Bretagne.

Les familles de victimes affirment qu’on leur refuse la justice contre les soldats représentant l’autorité de l’Etat.

Les anciens soldats dénoncent un déséquilibre de la justice, soulignant que les forces de sécurité ne sont responsables que de 10% des morts pendant cette période alors que 30% des enquêtes se concentrent sur eux.

Le gouvernement britannique s’est engagé à proposer prochainement une amnistie pour les meurtres perpétrés des deux côtés.

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