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Iran : 16 exécutions en une semaine pour créer un climat de terreur et contrer la montée des protestations

Le régime iranien a exécuté au moins 16 prisonniers dans diverses villes d’Iran entre le 11 et le 18 octobre. L’Iran a battu le record d’exécution par capita dans le monde. Le nombre croissant d’exécutions trahit avant tout combien le régime redoute la colère d’une population excédée de la pauvreté et de l’inflation.

Selon Amnesty International et les Nations unies, le nouveau président iranien, Ebrahim Raissi , est impliqué dans le massacre des prisonniers politiques en Iran en 1988. Le secrétaire général d’Amnesty International a déclaré que « Le fait qu’Ebrahim Raïssi ait accédé à la présidence au lieu de faire l’objet d’une enquête pour les crimes contre l’humanité que constituent les meurtres, les disparitions forcées et la torture, est un sombre rappel de l’impunité qui règne en maître en Iran «.

Le nouveau cabinet est le même, avec un léger changement, que celui d’Ahmadinejad, le président super conservateur de l’Iran en deux mandats de 2005 à 2013. Jusqu’à présent, l’administration Raïssi est composée de 30 commandants des Gardiens de la Révolution et de ceux qui ont également servi dans le cabinet d’Ahmadinejad. Ils ont également une longue expérience de la répression. Par conséquent, il est très logique de penser que ce cabinet est venu davantage pour la répression à l’intérieur et le terrorisme à l’extérieur de l’Iran.

Par conséquent, l’arrivée d’Ebrahim Raïssi ne fait que contrer les protestations généralisées en Iran. En 2018 et 2019, deux manifestations à l’échelle nationale ont ébranlé le régime qui, désormais, fait face à une crise de légitimité. Le nouveau gouvernement d’Ebrahim Raïssi, installé depuis plus de deux mois, n’a pas freiné L’inflation galopante.

Négociations nucléaires

L’émissaire américain Robert Malley rencontre, vendredi 22 octobre à Paris, les diplomates européens en charge du dossier nucléaire iranien. Alors que Les dirigeants iraniens continuent à retarder la reprise des pourparlers de Vienne, suspendus depuis fin juin. La confusion semble s’être emparée du gouvernement iranien.

Convaincu de l’absence d’une réponse européenne ferme, comme l’adoption d’une résolution par le Conseil des gouverneurs de l’AIEA (l’Agence internationale de l’énergie atomique), le régime iranien veut forcer l’Europe à accepter un retour à l’accord de 2015 par le biais d’une « diplomatie dissuasive » à savoir créer la tension. Un accord qui a permis au régime iranien à la fois de vendre du pétrole et de récupérer de l’argent bloqué, et qui a laissé libre cours à son ingérence régionale et au développement d’un programme de missiles de longue portée.

Mais Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a déclaré qu’il retournerait en Iran dans les prochains jours. Il semble également disposé à s’entretenir avec le président iranien Ebrahim Raïssi. Cette affaire et le volume des visites diplomatiques récentes montrent que les 5 + 1, dont la patience est à bout, entendent envoyer un message clair et bien fort à l’Iran, d’autant plus que le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) doit se réunir en novembre.

Et un langage fort peut et doit être adressé au régime iranien pour le contraindre à respecter ses engagements nucléaires et mettre fin au chantage de l’Europe.

 

Hamid Enayat
Ecrivain et expert de l’Iran basé à Paris. Depuis trente ans, il écrit régulièrement sur les problématiques iraniennes.

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