Nordahl Lelandais, jugé à Grenoble pour le meurtre de la petite Maëlys, a-t-il eu des échanges avec une adolescente et consulté des sites pédopornographiques en prison ? La quatrième journée du procès jeudi a vu les avocats s’affronter sur ces questions.
L’avocat de la défense, Me Alain Jakubowicz, a reproché à son confrère Me Fabien Rajon, conseil de la mère de la fillette, d’avoir laissé entendre la veille que l’accusé avait eu ces derniers mois des échanges épistolaires avec « une jeune lycéenne » en suggérant qu’elle était mineure.
« Cela ne reposait sur aucune pièce, rien n’a été produit, mais cela a produit l’effet recherché » auprès des jurés, s’est-il indigné, affirmant que des chaînes de télévision ont « matraqué » ces affirmations basées « sur des choses objectivement fausses » dans la soirée.
« Je vous dois la vérité », a-t-il poursuivi: selon lui, les lettres, qu’il a lues à haute voix, sont en réalité signées par une « jeune femme de 20 ans ». « Voilà la jeune lycéenne et voilà le pédophile », a-t-il ironisé.
La présidente a donné son accord pour que les lettres en question soient versées au dossier.
Me Jakubowicz a ajouté que son client avait détenu un téléphone en prison et avait consulté des sites pornographiques, mais souligné qu’il s’agissait d’une pratique relativement courante en prison, qui permet d’assurer une « forme de paix sociale ».
Le téléphone saisi, les policiers ont constaté qu' »aucune consultation réalisée n’est à caractère pédopornographique. Ca, c’est la réalité du dossier », a-t-il souligné.
Me Rajon a immédiatement répliqué en affirmant que « le problème n’est pas l’échange de lettres » mais la consultation par l’accusé d’un compte Pinterest et de « vidéos équivoques dont l’intitulé met en scène des adolescentes ».
Nordahl Lelandais avait admis mercredi avoir détenu un téléphone en prison et même ouvert un compte Facebook, mais avait affirmé « ne jamais (être) allé sur un site pédopornographique ».
Outre le meurtre de la petite Maëlys, l’accusé doit être jugé pour agressions sexuelles à l’encontre de deux petites-cousines âgées à l’époque de cinq et six ans, ainsi que pour détention et enregistrement d’images pédopornographiques.
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