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les témoignages de familles de personnes en Ehpad

les témoignages de familles de personnes en Ehpad

Hygiène « déplorable », négligences dans les soins, « tristesse et désespoir »: ces familles témoignent des maltraitances subies, selon elles, par leurs proches, dans des Ehpad privés ou public. Les directions des établissements concernés, de leur côté, réfutent tout manquement.

– « L’hygiène était déplorable » –

« En bas, c’est comme un hôtel quatre étoiles, mais c’est un miroir aux alouettes », décrit Thomas Namer au sujet de l’Ehpad « Jardins d’Alésia » (groupe Korian), à Paris. Son frère Claude Namer y a vécu quelques mois, jusqu’à sa mort en 2019, à 75 ans.

Au premier étage, Thomas Namer a été frappé par « une hygiène déplorable et un manque flagrant de personnel ». Il évoque notamment des draps souillés non changés.

A chaque visite, « quelque chose clochait »: Claude « n’avait pas de protection, un pantalon à l’envers ou pas de pantalon », se remémore son frère. « Il a perdu 20 kilos en deux, trois mois », ajoute-il. La faute à une nourriture « infâme » et à une aide insuffisante pendant les repas.

M. Namer et sa famille disent n’avoir pas osé porter plainte, par crainte de « représailles » contre leur proche, pensionnaire.

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La direction du groupe Korian, de son côté, explique que les difficultés du résident étaient dues à ses troubles cognitifs « majeurs », et réfute tout « défaut d’accompagnement ».

– « Ils disaient faire les soins: c’était faux » –

Gisèle Deligeon a vécu dix ans à l’Ehpad public Alquier-Debrousse, à Paris, où elle est décédée à 76 ans. Ses différents problèmes de santé, notamment des nécroses aux jambes, y ont été mal pris en charge, accuse sa fille Nathalie.

« Un jour, en revenant de vacances, je l’ai trouvée quasi morte dans son lit, avec des sécrétions au niveau du nez et de la bouche. On a alors bataillé avec une de mes sœurs pour qu’elle aille en soin palliatifs et qu’elle puisse partir plus dignement », se remémore Mme Deligeon.

« Ils disaient qu’ils faisaient le nécessaire mais c’était faux: la toilette, les soins, n’étaient pas faits ».

Contactée par l’AFP, la direction de l’établissement se dit « très triste » de cette mise en cause, et assure que la fille de la vieille dame avait « mis à mal l’équipe par son harcèlement et sa suspicion pendant trois ans ».

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« Nous ne sommes pas parfaits, loin s’en faut. Mais cette dame a vécu dix ans à l’EHPAD, entourée de l’équipe qui a bien pris soin d’elle tout ce temps » et « l’aimait bien », a assuré Frédéric Rousseau, le directeur de l’Ehpad.

– « Comme un SDF » –

« On a laissé mon père mourir comme un chien », s’emporte Lionel Sajovic, un Parisien de 57 ans.

L’Ehpad « Les Terrasses » du groupe Orpea, aux Lilas (Seine-Saint-Denis), « avait l’allure d’un hôtel 5 étoiles », mais la situation de Marcel Sajovic, qui avait 91 ans en y arrivant, va rapidement s’y détériorer.

A plusieurs reprises, la famille du nonagénaire constate qu’il n’est « pas lavé, avec des vêtements sales, ou des hématomes ». « On ne le coiffait pas, on ne lui coupait pas les ongles, on l’a retrouvé plusieurs fois baignant dans ses excréments. Il était comme un SDF, malgré le prix exorbitant » de près de 5.000 euros par mois, selon M. Sajovic.

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Les dysfonctionnements « avaient commencé avant » l’épidémie de Covid-19, mais « la crise sanitaire a exacerbé tout cela », selon le fils: « emprisonné » dans son Ehpad pendant la première vague, privé de tout contact avec sa famille, le vieil homme y est décédé, officiellement à cause de l’épidémie. Mais son fils se dit « persuadé qu’il n’est pas mort du Covid mais de tristesse et de désespoir ».

M. Sajovic va porter plainte contre Orpea, dans le cadre d’une « action collective conjointe » lancée par l’avocate Sarah Saldmann. « C’est un combat que je dois mener pour la mémoire de mon père, et pour moi-même, lorsque je serai vieux ».

Contactée, la direction d’Orpea a assuré à l’AFP que « les propos rapportés ne correspondent en rien à la prise en charge » du nonagénaire. Celui-ci a bénéficié d’un « suivi rigoureux », et sa fille, qui en était la « représentante » auprès de l’établissement, n’avait formulé aucune plainte, a encore affirmé la direction du groupe.

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