Opposés à « un méga feu », les pompiers se préparaient à lutter toute la nuit dans le nord du Gard jeudi, à l’issue d’une journée marquée par de multiples départs d’incendies dans ce département et les Bouches-du-Rhône voisines, attisés par des « conditions météorologiques extrêmes ».
150 pompiers étaient déjà mobilisés contre les flammes de cet incendie à l’évolution qualifiée de « défavorable », « attisé par un vent violent », en attendant les renforts de 350 hommes supplémentaires.
Outre le hameau de Bordezac, où il s’est déclaré vers 17H00, le feu avait atteint dans la soirée les communes de Bessèges et Gagnières. Vers 22H00, il avait déjà détruit plus de 500 hectares de végétation, selon les pompiers, soutenus par d’importants moyens aériens, avec 6 Canadair et deux Dash.
« Ce feu est, comment dire, un méga feu », a expliqué à l’AFP le commandant Tanguy Salgues, chargé de communication des pompiers du Gard. « Et ce n’est pas parti pour se calmer demain! Ca va continuer cette nuit et plusieurs jours ».
En fin de soirée, 70 personnes habitant à Bordezac avaient été évacuées vers Aujac et Robiac Rochessadoule, deux communes voisines, selon la préfecture du Gard.
« Je suis en train de caser les gens dans des chambres et tous les gîtes ont fait de même », expliquait Régine Marchand, gérante du restaurant d’Aujac, jeudi soir à l’AFP: « On leur fait des pâtes, les gens sont partis vite, sans rien, mais ils gardent le moral, il y a une bonne ambiance ».
Dix habitants d’une zone menacée de Bessèges avaient eux été relogés dans un camp de vacances, tandis que les autorités recommandaient aux habitants de cette commune, ainsi qu’à ceux de Gagnières, de rester « confinés », fenêtres fermées.
« Une maison a brûlé et le village de Bordezac a été sauvé in extremis par les pompiers », a indiqué à l’AFP Jean Rampon, le sous-préfet d’Alès, au PC des pompiers à Bessèges, en témoignant d’un vent « encore virulent, soufflant sud-sud-est mais changeant parfois de direction ».
– Quatre maisons brûlées –
Un autre feu sévissait encore jeudi soir dans le Gard, à Générac, au sud du département. Face à cet incendie qui a parcouru 150 hectares de végétations basses et de pins, ce sont 50 engins et 120 hommes qui étaient mobilisés.
C’est sur le territoire de cette même commune de Générac que le pilote d’un Tracker 22 avait perdu la vie en août 2019 en luttant contre un violent incendie qui avait brûlé 800 hectares de végétation.
Dans le département voisin des Bouches-du-Rhône, les pompiers ont eu à traiter pas moins de 35 départs de feu dans la journée. Et notamment à Arles, vers midi, avec un feu parti de roseaux et de broussailles dans une zone commerciale.
Poussé par un fort Mistral, l’incendie s’était rapidement propagé pour finalement sauter la Nationale 113, un axe stratégique assurant la jonction de l’A54 entre Nîmes et Marseille, et la couper dans les deux sens.
A 20H00, le feu était fixé et la RN113 avait pu rouvrir. Les pompiers restaient cependant sur place « pour des noyages et la surveillance », ont-ils expliqué à l’AFP, mais ils ne craignaient plus de reprise de feu. Quatre maisons ont été brûlées, selon un premier bilan des secours, et quatre autres endommagées.
En fin de journée, un autre incendie était « fini », selon les pompiers des Bouches-du-Rhône, à Martigues où un départ de feu dans le quartier de l’Escaillon avait provoqué le confinement des habitants et l’évacuation temporaire des résidents d’une maison de retraite.
Dans un département marqué par une extrême sécheresse et en prévision de vents violents, les 500 sapeurs-pompiers du Sdis13 avaient été renforcés de 450 hommes supplémentaires jeudi, ont-ils précisé.
Les rafales ont atteint jusqu’à 85 km/h jeudi dans les Bouches-du-Rhône où la préfecture avait interdit l’accès aux 25 massifs du département, depuis le Parc national des calanques jusqu’aux Alpilles toutes proches d’Arles. Pour vendredi, seuls six massifs resteront fermés.
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