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confronté à la violence des faits, l’accusé plaide l’égarement

Une « scène de crime hors normes », « extrêmement sanglante »: jugé pour le meurtre du petit ami de sa fille, en 2014, Muhittin Ulug a affirmé mardi, face à la violence des faits, avoir « perdu l’esprit » à la vue de sa fille avec un homme nu.

La victime, Julien Videlaine, 20 ans, était « vidée de son sang » à l’arrivée des secours ce 24 juillet 2014, en épilogue tragique à un rendez-vous amoureux caché au domicile des Ulug, a détaillé à la barre le docteur Georges Patru.

L’aggresseur a frappé 19 fois avec un « couteau de cuisine entièrement métallique, épais, très lourd », occasionnant « 30 plaies » notamment au visage et sur le torse, a-t-il relaté au deuxième jour du procès devant les Assises de l’Oise.

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« La scène était extrêmement sanglante », a-t-il insisté, relevant comme « hypothèse la plus probable » que le meurtrier se soit acharné sur le jeune homme « déjà au sol ».

L’accusé avait lors de son premier interrogatoire affirmé que la victime l’avait « agressé en premier », mais le légiste a souligné n’avoir pas « constaté de lésions en faveur d’une attaque » de la part de Julien Videlaine.

Reconnaissant les faits, ce restaurateur franco-kurde de 52 ans avait assuré aux enquêteurs avoir agi pour protéger sa fille, Nuzan, qu’il pensait agressée, et non pas surprise lors d’un rendez-vous amoureux.

« Dans notre culture, ça n’existe pas », a-t-il lâché mardi, poussé dans ses retranchements par la présidente du tribunal sur son acceptation de la sexualité de sa fille, alors âgée de 19 ans.

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« C’était un choc pour moi. Ca m’a fait perdre l’esprit », a-t-il lancé.

Pointant un discours « défensif », l’expert-psychiatre a estimé que « rien dans ses propos, ne vient étayer l’hypothèse d’un quelconque danger pour sa fille ». En matière de relation père-fille, « le poids de la tradition semble extrêmement important pour M. Ulug », a-t-il relevé..

Nuzan, qui avait tenté de s’interposer au prix de deux tendons sectionnés, avait d’abord dit « craindre pour sa vie de la part de sa famille », a rappelé lundi le directeur d’enquête.

Dans son téléphone, Julien Videlaine, avec qui elle entretenait une relation désapprouvée selon elle par ses parents, était enregistré sous le prénom « Anaïs », a-t-il détaillé.

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Partie civile au procès, Nuzan avait changé de version après l’extradition en 2019 de son père de Turquie, où il avait fui. Elle avait assuré aux enquêteurs que son père ne contrôlait pas ses relations et ignorait l’existence de Julien Videlaine.

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